Le Livre de Poche
Genre : post-apo, horreur
Pourquoi ce livre ? Pour compléter ma lecture du Guide de survie en territoire zombie et pour le Cercle d'Atuan auquel je viens tout juste de m'inscrire.
RESUME :
La guerre des Zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l'ensemble de l'humanité. L'auteur, en mission pour l'ONU - ou ce qu'il en reste - et poussé par l'urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d'âmes jusqu'aux coins les plus inhospitaliers de la planète. Il a recueilli les paroles d'hommes, de femmes, parfois d'enfants, ayant dû faire face à l'horreur ultime. Jamais auparavant nous n'avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l'existence - de la survivance - humaine au cours de ces années maudites. Depuis le désormais tristement célèbre village de Nouveau-Dachang, en Chine, là où l'épidémie a débuté avec un patient zéro de douze ans, jusqu'aux forêts du Nord dans lesquelles - à quel prix ! - nombre d'entre nous ont trouvé refuge, en passant par les États-Unis d'Afrique du Sud où a été élaboré l'odieux plan Redecker qui finirait pourtant par sauver l'humanité, cette chronique des années de guerre reflète sans faux-semblants la réalité de l'épidémie. Prendre connaissance de ces comptes-rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur. Mais l'effort en vaut la peine, car rien ne dit que la Ze Guerre mondiale sera la dernière.
MON AVIS :
Après avoir lu Guide de survie en territoire zombie, j'étais fin prête à vivre cette nouvelle guerre mondiale qui voit l'humanité affronter une horde de zombies (non, en fait, qui voit l'humanité se TRANSFORMER en une horde de zombies serait plus juste). J'en avais entendu tellement de bien que j'étais toute prête à l'aimer. Et je l'ai fait. Pendant trois cents pages. Mais j'ai complètement décroché pendant les deux cents dernières.
Au départ, je m'attendais à lire le témoignage d'un survivant parlant de son expérience de la guerre contre les zombies. Mais le narrateur est en fait un journaliste qui va interviewer différentes personnes à propos de cette guerre, du simple citoyen qui se protège vaillamment aux hommes politiques importants qui n'ont pas forcément agi comme il le fallait. Le livre s'articule donc autour d'une collection d'histoires qui s'entrecoupent parfois, qui se complètent souvent mais qui existent tout indépendamment l'une de l'autre, procédé déroutant et efficace à la fois, mais jusqu'à un certain point seulement.
Quand on raconte une histoire de zombies, soit on y va sérieusement et de manière plutôt sombre, soit on opte pour le second degré et l'exagération. Brooks adopte ici une vision au premier degré principalement, et s'attaque au zombie à la manière de Romero. Il dénonce de nombreuses choses, dont l'immobilisme politique, l'utilisation éhontée de la peur par des firmes pharmaceutiques, la starification absurde, etc. J'ai beaucoup aimé cet aspect engagé du livre, les critiques audacieuses et les vérités que Brooks met dans la bouche de politiciens et d'hommes d'affaires, vérités que jamais l'une de ces personnes n'oserait proférer dans une interview faite dans le monde actuel. L'auteur nous offre d'ailleurs une savoureusement horrible épidémie qui se répand à la Vitesse grand V parce que les politiciens de nombreux pays n'ont pas prêté attention à un rapport simple mais complet sur la manière de contenir celle-ci. C'est facile, mais en même temps, c'est plutôt juste. Le livre est rempli de bons moments comme cela.
Mais à côté de ça, World War Z souffre d'un défaut : il accumule trop les anecdotes, et insiste
dès lors excessivement sur ce que nous avions déjà compris. En fait, pour moi, le livre est trop long de 200 pages. Brooks dessine ici une histoire via les témoignages recueillis. Mais parfois,
ces témoignages semblent être là juste parce que l'auteur avait une bonne histoire à raconter et n'apportent pas grand chose à la ligne principale du récit. Au départ, cette accumulation est
amusante. Mais une fois le tour de la question effectué (et, croyez-moi, on le fait, et pas qu'un peu), ça m'a juste lassée, et je me suis retrouvée à survoler certaines interviews qui ne
m'intéressaient pas outre mesure.
Dès lors, alors que j'étais très emballée par World War Z au début, j'ai terminé ce roman péniblement,
je l'ai trainé en longueur parce que je ne voyais pas la fin venir. Je trouve ça dommage, parce qu'il y a énormément de bonnes choses dedans. Juste que la très longue fin les a éclipsées à mes
yeux.
Au final, World War Z est un roman qui démarre en trombe, rempli d'observations qui sonnent très juste
et de passages bien gores faits pour ceux qui aiment le genre. Mais j'ai trouvé que Brooks se perdait un peu trop en cours de route dans ses histoires individuelles et en oubliait qu'il essayait
de raconter quelque chose.
Lu pour le Cercle d'Atuan.
* * *
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Guide de survie en territoire zombie
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