Réalisateur : Cédric Khan
Pays : France/Canada
Durée : 110 minutes
Genre : drame social
Acteurs : Guillaume Canet, Leïla Bekhti, Slimane Khettabi
RESUME :
Yann et Nadia, amoureux, se lancent dans un projet de restaurant au bord d'un lac. Leur rêve d'entrepreneur se
brise rapidement. Nadia, contrainte d'accepter un travail à l'étranger, confie provisoirement son fils à Yann. Elle disparaît...
MON AVIS :
Si je suis allée voir ce film qui n'était pas pour moi, c'est à cause de plusieurs critiques dithyrambiques
faites à son sujet, dont une glanée par hasard à la radio. C'est qu'Une vie meilleure est une de ces histoires au réalisme social qui me met fort mal à l'aise, et parce que la dureté des
situations réveille en moi cette peur pas très lointainement enfuie de me retrouver un jour dans ce type de cauchemar, et parce que la frontière les séparant du misérabilisme est tellement
poreuse qu'elle y est trop souvent franchie à mon goût. Bref, je ne suis pas faite pour le cinéma social. Et, d'une certaine manière, Une vie meilleure m'a rappelé pourquoi.
Pourtant j'ai aimé ce film.
J'ai aimé parce que l'histoire est bien construite, que les acteurs sont justes, et qu'il est sans doute impossible de ne pas se laisser toucher par ce récit de chute libre d'un rêve, se transformant de toutes les manières possibles et imaginables en cauchemar. Quoique, on pourra râler devant l'obstination d'un personnage qui aurait pu épargner beaucoup de souffrances à son entourage sans son aveuglement conscient. Mais au final, on le plaint, on le soutient moralement, on oublie la part de responsabilités qu'il porte dans ces malheurs qu'il vit. Parce qu'on ne peut réagir différemment face à ce qu'on nous montre. Qui se sent de le faire ?
Et c'est peut-être ça la première chose que je reproche à ce film. Comment réagir différemment en effet ? On ne peut que s'indigner, on ne peut que compatir, on ne peut que souffrir, et on ne peut qu'avoir peur de se retrouver, soi-même dans ce genre de situation. Et... Et c'est tout. Que nous dit de plus Une vie meilleure ? Je ne le sais pas. A part peut-être une lueur d'espoir finale, et quelques brèves mais insuffisantes prises de positions, je ne vois qu'en tirer d'autre, si ce n'est un sentiment de malaise pesant et qui a du mal à partir. Mais pourquoi ce malaise ?
Parce que cette histoire m'a fait mal. Pas d'un mal salutaire et vigoureux, qui réveille les consciences et apporte plus qu'il ne blesse. Parce que ma conscience n'a nullement besoin d'être éveillée à ce type de problèmes, je vous l'assure. Ici, on m'a juste fait un peu plus peur. Or, en ce moment, je n'ai pas envie qu'on me parle de ces choses, en tout cas pas de manière intimiste comme c'est le cas dans ce film. Qu'on prenne position en s'élevant contre les aberrations des crédits à la consommation ou du manque d'aide qu'il existe pour sortir les gens de ces impasses de plus en plus nombreuses, oui. Qu'on apporte une touche d'espoir à la limite en montrant que ça vaut la peine de se battre et qu'il pourrait être possible de changer la donne, aussi. Mais pour juste me rappeler ce que je sais pertinemment bien et ce à quoi je voudrais échapper un peu, non. Je n'ai pas besoin de ça. Je ne recherche pas ça. Vous aimez peut-être être confrontés à ce genre de choses, mais moi, j'en ressors avec une boule dans le ventre trop difficile à résorber pour avoir envie de réitérer ce genre d'expérience.
Du coup, oui, j'ai aimé. Mais non, je n'ai pas envie d'aller voir des films de ce type, parce que je les trouve trop faciles dans leur exploitation de la misère humaine, à se complaire à la montrer sans vraiment tenir de discours novateurs, juste une sorte de constatation désabusée et déjà assez partagée pour qu'elle ne paraisse pas révolutionnaire de « ce monde est foutu, on n'en sort plus ». Merci, on est au courant. Et on n'a plus vraiment besoin d'aller au cinéma pour savoir tout ça. En ce qui me concerne, je préfère encore le talent d'un Olivier Adam, qui arrive à aborder ce genre d'histoires sans nous étouffer avec, en les rendant solaires mêmes, à celui de ces cinéastes qui me donnent l'impression de se montrer plus qu'autre chose en nous « révélant » une réalité que l'on ne connaît déjà que trop...
Alors Une vie meilleure est certainement un bon film (sans plus, je ne lui ai pas trouvé d'autres mérites que ses acteurs plutôt touchants et une manière fluide de raconter une histoire). Mais la prochaine fois, ce sera sans moi, je n'arrive pas à comprendre l'intérêt de la chose, si ce n'est de me désespérer encore plus, et ça merci, mais je n'en ai pas besoin...
* * * (*) (avec réserves)
Derniers Commentaires