Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 19:22

 

J'ai Lu SF

Genre: SF, post-apo

Pourquoi ce livre? Parce que j'ai adoré Days.



royaume-désuni lovegroveRESUME:

Dans un futur proche, en conséquence de désastreuses décisions gouvernementales, l'Angleterre s'est retrouvée coupée du monde et livrée à l'anarchie la plus totale.

Londres et les autres grandes villes du pays sont tombées sous la coupe de gangs armés, tandis que, dans les campagnes, on s'organise et on survit avec les moyens du bord. Fen Morris menait une paisible vie d'instituteur de province, jusqu'au jour où un gang londonien vient kidnapper les femmes de son village, y compris la sienne. Commence alors pour Fen une épopée à travers cette vaste friche qu'est devenue l'Angleterre, un voyage initiatique qui pourrait bien changer le cours de l'Histoire.



MON AVIS:

Je suis tombée par hasard sur Days un jour où, prise de nostalgie, je suis allée rendre une visite à une des librairies de mon ancienne ville universitaire, celle qui était juste en face de mon kot (oui, vous imaginez, j'ai vécu deux ans avec une librairie au pas de ma porte)(la mort, je ne vous dit pas!). Je ne sais pas pourquoi, mais je suis tombée plusieurs fois sur des petites perles de SFFF là-bas (L'affaire Jane Eyre et Les Enchantements d'Ambremer entre autres), du coup j'ai tendance à me laisser facilement tenter par leurs choix. Et quelle découverte ce fut! Days est rentré au panthéon de mes dystopies préférées avec 1984, Brave New World, Farenheit 451 (la sainte trinité), Auprès de moi toujours (ma préférée) et Globalia (dans une moindre mesure). Et pourtant, je n'avais jamais songé à regarder ce qu'avait bien pu produire James Lovegrove en romans non traduits. Chose que j'ai faite juste après avoir acheté Royaume-Désuni, deuxième livre de l'auteur publié en français. Et le sale bougre a écrit plein de bouquins (miam miam)(en même temps, j'ai toujours peur de la SF en anglais, je n'ai osé lire que Sawyer, Gaiman - pas vraiment SF mais bon, on se comprend - et Nick Sagan en V.O.). Pourquoi donc ses romans tardent-ils à venir de notre côté de la Manche, vu la qualité de ceux-ci? Bref, passons à la critique en tant que telle...

Royaume-Désuni parle d'un héros comme on n'en fait presque plus. Fen Morris est un professeur simple mais charmant, d'une gentillesse incroyable et d'un tact tout britannique. Sa femme est kidnappée. Il n'est plus vraiment amoureux d'elle, mais un sens moral marqué le pousse à partir à sa recherche. Pas parce qu'il veut passer pour un héros, pas par désespoir ou pour se prouver quelque chose, pour aucune des raisons qui animent les personnages qui entreprennent ce type de quête en général en fait, mais simplement parce qu'il sait au fond de lui que c'est ce qu'il faut faire, que c'est importante. C'est peut-être bizarre, mais j'ai aimé ça chez lui, ce sens du devoir dénué de culpabilité ou d'espoirs cachés. Du coup, je me suis tout de suite attachée à lui et à son histoire, cette traversée de la M25 dans une Angleterre post-apocalyptique en quelque sorte, isolée du reste du monde qui la regarde dépérir sans réellement l'aider.

Parallèlement, nous découvrons ce qu'il advient de Moira, la femme de Fen, emportée avec d'autres femmes de son village pour servir de « chair fraîche » à une bande de voyous londoniens. Je dois dire que c'est dans cette partie qu'a résidé la véritable surprise du livre pour moi. Rien de ce que j'avais pu prévoir au départ pour Moira ne s'est réalisé, du coup une partie de l'histoire que j'appréhendais de lire s'est transformée en récit plutôt bien mené et même parfois haletant.

C'est que James Lovegrove est doué pour construire une histoire agréable, prenante, et pourtant travaillée et intelligente. Il a l'art de mettre ses personnages dans des situations toutes plus intéressantes les unes que les autres. Je retiendrai surtout de ce livre l'incroyable épisode de la rencontre d'une sorte de secte vouée au culte d'un auteur, passage troublant du livre, certainement sa meilleure partie.

Par contre, il faut bien que je me l'avoue, j'ai été un poil déçue par Royaume-Désuni. Je m'attendais à une critique sociétale aussi grinçante que celle de Days et de ses super-hyper-méga-marchés. Ici, l'accent est plutôt mis sur les personnages et non sur la société qui les abritent, et tourne donc plus autour d'une étude psychologique que de la réelle critique dystopique. Toutefois, le livre est dénué du manichéisme psychologique inhérent à ce type de récit, chose très appréciable.

A noter aussi que l'écriture, très fluide, est un poil trop simpliste, gâchant parfois la bonne impression générale que laisse le livre.

Au final, un roman plus que fréquentable, très prenant et agréable. Pas la claque qu'a pu être Days, mais tout à fait recommandable, surtout pour ceux qui ont peur de la grande méchante SF.



* * * *


LE MOMENT C.L.A.P.:

CLAP AmélieCe roman, bien que passionnant, a été long à lire parce qu'entamé lors d'une « mauvaise » semaine, pendant laquelle j'ai dû corriger plus de 80 copies et terminer mes derniers travaux pour mes cours d'unif (ça y est, j'ai fini mes cours!!!!!!)(enfin, jusqu'à ce que je trouve d'autres cours accessibles aussi bien financièrement qu'au niveau des horaires)(vous saviez que la Sorbonne organise des cours par correspondance?)(reste le problème de l'horaire des examens, mais bon, qui sait)(oui, je sait, je devrais m'arrêter, je vais y penser). Bref, ce livre a été baladé dans quelques salles de classe vides, dans une file de grande surface (oui, je suis une femme ordinaire, je dois faire les courses et je m'ennuie à la caisse, comme tout le monde)(je détruis un mythe, là, je le sens...), à la Poste dans la file interminable pour pouvoir poster un de mes travaux d'unif (l'autre était à envoyer par mail, bien plus pratique!), dans le bain dominical aussi, mais point au ciné, vu que j'ai dû annuler les deux séances prévues ce week-end pour cause de surcharge de boulot (mais je me rattrape ce soir!). Pas-sion-nant!


CITRIQ

Publié dans : Les livres SF, fantasy et fantastiques - Communauté : Chronique de nos lectures
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"Après le plaisir de posséder des livres, il n'y en a guère de plus doux que d'en parler."

Charles NODIER

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