Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 20:18

 

Mnémos, coll. Dédales

Genre : science-fiction, dystopie, space-opera

Pourquoi ce livre ? Parce que l'auteur m'intrigue et qu'un gentil commentateur a eu la bonne idée de me le prêter, soucieux de faire de moi une yossienne (merci Andy ^_^).

 

 

Planète à louer YossRESUME :

Dans un futur indéterminé, une guerre nucléaire totale est sur le point d'éclater. Afin de sauver la Terre, des espèces extraterrestres en prennent possession, après avoir fait montre de leur force en annihilant l'Afrique. Ils y imposent des règles draconiennes visant à rétablir l'équilibre écologique. Un siècle plus tard, notre planète est redevenue un paradis, un « monde souvenir », où les riches xénoïdes viennent faire du tourisme. Mais derrière l'image d'Épinal, les conditions de vie des Terriens sont loin d'être idylliques.

Buca, la prostituée, Moy, l'artiste métis ou Alex, le scientifique de génie, tous n'aspirent qu'à une seule chose : fuir... partir... s'exiler... quitter la Terre... par tous les moyens !

 

 

MON AVIS :

Rencontrer un nouvel auteur est toujours étrange et inquiétant : on ne sait jamais à quoi s'attendre réellement. Dans le cas de Yoss, je ne m'étais pas préparée à la claque que j'allais recevoir, malgré ce qu'on m'en avait dit et ce que j'avais déjà lu à son sujet. C'est que le monsieur a réussi à prendre un genre que je n'aime pas en temps normal (le réalisme social) et l'a transféré avec succès dans un univers science-fictionnesque à mi-chemin entre la dystopie et le space-opera qui prend aux tripes sans pourtant verser dans le misérabilisme que l'on retrouve trop souvent dans le genre de départ. Chapeau, ce n'était pas gagné d'avance avec une lectrice aussi peu cliente que moi de ce type de récits.

 

C'est que Yoss va nous parler ici de Cuba, à travers cette histoire qui concerne notre planète. Et en impliquant la terre entière, il va réussir à nous rapprocher de son pays et à nous faire ressentir sa souffrance. D'une manière incroyablement intense.

 

Yoss nous raconte ici l'histoire d'une terre « colonisée » dans un futur pas si lointain. Les extra-terrestres, voyant que nous étions sur le point de nous détruire, sont venus nous aider, mais nous avons pris cela pour une attaque (réaction absolument impossible de notre part) et... Et notre terre a été prise en charge (nous n'étions plus capable de nous sauver nous-mêmes) et est devenue un haut lieu touristique dirigé presqu'exclusivement par ces extra-terrestres qui nous maintiennent éloignés de toute technologie pouvant nous aider à nous émanciper (parce qu'ils ne sont pas si altruistes que ça). Les humains sont exploités, très peu s'en sortent, beaucoup survivent au lieu de vivre. Comme le dit la quatrième de couverture, « Toute ressemblance entre la Cuba des années 1990 et cette terre du XXIesiècle est purement intentionnelle. ».

 

Ce livre est en fait une sorte de recueil de nouvelles un peu spécial. Il est composé de sept histoires liées entre elles et pourtant indépendantes, introduites par sept textes contextualisant le monde dans lequel elles se déroulent. Sans diminuer l'intérêt de ces histoires, j'ai trouvé leurs introductions encore plus intéressantes. En quelques pages (deux ou trois à chaque fois), elles plantent le décors de ce monde occupé de manière glaçante et efficace. Elles sont suivies par des récits qui prennent à la gorge, le plus déroutant et perturbant étant le premier, La Travailleuse sociale, qui offre un début marquant et déprimant à ce livre. Pas déprimant dans le mauvais sens du terme, mais je dois dire avoir eu du mal à me relever après ce premier coup de poing au ventre. C'est que Planète à louer sait mettre son lecteur K.O. avec ses chutes qui font souvent mal par où elles passent.

 

Non que le livre soit tout le temps sombre, au contraire, il y a quand même quelques notes d'espoir qui s'esquissent au détour d'une page. Mais la plupart du temps, il nous rappelle que ce monde qui nous semble inventé de toutes pièces cache une réalité contemporaine que nous connaissons parfois trop peu. Et rajoute donc une certaine intensité et un côté tragique à ces histoires qui sont déjà intéressantes (et glaçantes) en elles-mêmes.

Je ne vais pas dire que j'ai aimé tous les récits, ce n'est pas le cas, spécialement en ce qui concerne L'équipe championne, sur le Voxl, sorte de football américain extrême qui amène souvent ses joueurs à mourir sur le terrain (et à rejouer après avoir été clonés ou « refixés »). Mais une fois le livre fermé, c'est la forte impression des récits qui m'ont plu qui est restée et a doucement effacé celle de ceux qui m'avaient laissée indifférente.

 

Dès lors, j'ai été impressionnée par cet auteur qui, choisissant une écriture dépouillée et parfois aride, arrive pourtant à nous toucher au plus profond de nous-mêmes. L'effet de Planète à louer ne se fait pas sentir tout de suite, ce livre vous travaille et finit par laisser une marque indélébile en vous. Comme une sorte de bombe à retardement.

 

Au final, Planète à louer est un livre intense qui cache bien son jeu. Sous des allures de SF dystopique, il nous offre une peinture désespérée mais non étouffante d'une terre (d'un Cuba) « occupée ». A découvrir, assurément.

 

Summer Star Wars V

* * * **


CITRIQ

Publié dans : Les livres SF, fantasy et fantastiques - Communauté : Interlignes
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Charles NODIER

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