Mardi 16 août 2011 2 16 /08 /Août /2011 21:57

 

Réalisateur : Lars Von Trier

Pays : UK

Durée : 130 minutes

Genre : science-fiction, drame

Acteurs : Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland

 

 

Melancholia-affiche.jpgRESUME :

À l'occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la sœur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre...

(www.allocine.fr)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MON AVIS :

Mes coups de cœur au cinéma ont été très rares cette année (juste Incendies et Midnight in Paris jusqu'à présent), et Melancholia s'avère être le plus gros d'entre eux. Ce film a marqué ma première réelle rencontre avec Lars Von Trier (j'avais tenté - en vain - de regarder The Direktor, que j'ai abandonné après une vingtaine de minute, et ses autres films me font peur à cause de leur(s) potentielle(s) scène(s) de viol(s)), et je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit si intense.

 

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Mais commençons par le commencement. Melancholia est un film apocalyptique construit en deux temps complétés par une introduction. Cette introduction nous donnera une sorte d'aperçu suresthétisé du reste du film (sur le mode « sommaire »), nous livrant un ensemble de tableaux (très) légèrement en mouvement d'une beauté à couper le souffle sur fond de Wagner (Tristan et Iseult). Certains pourraient trouver cette entrée en matière pédante, mais elle m'a complètement conquise. L'image de Charlotte Gainsbourg tenant désespérément son enfant dans les bras en avançant sur un terrain de golf d'un vert terrifiant et en s'enfonçant dans le sol herbeux comme on s'enfoncerait dans une épaisse couche de neige restera à jamais gravée dans ma mémoire (voir le PS en fin d'article).

 

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Une fois l'introduction passée, on retrouve la caméra à l'épaule qui a tant fait parler de Lars Von Trier. Il est vrai que l'image est très saccadée et à la limite du supportable (je me suis même demandée si ce n'était pas un effet voulu et recherché plus qu'une simple conséquence du port de la caméra), et ce sera le seul reproche que je pourrais faire à ce film. Mais une fois habituée à celle-ci, je me suis laissée pénétrer par l'histoire désespérée qui nous était livrée.

 

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La première partie est consacrée à Justine (Kirsten Dunst), jeune mariée qui se rend en compagnie de son mari (Alexander « True Blood » Skarsgard que j'ai trouvé un peu fade, la seule fausse note du casting selon moi) à sa réception de mariage. On nous la montre d'emblée souriante, mais la façade se fissure vite, et on sent que Justine est au bord de la dépression, sans en comprendre les raisons. Il faut dire qu'elle est affublée d'une famille affligeante et d'un patron pressant. Seule sa sœur semble saine d'esprit et arrive à la maintenir calme.

 

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Cette réception constitue une première partie tournée vers la folie et le désespoir, les personnages qui nous sont présentés devenant peu à peu des caricatures d'eux-mêmes et sombrant dans leurs défauts pour révéler ainsi leur véritable identité. Kirsten Dunst brille dans cette partie, mais n'est à mon humble avis pas à la hauteur de Charlotte Gainsbourg qui occupe la seconde partie et qui arrive à paraître tellement naturelle que le jeu de Kirsten Dunst, pourtant incroyable, perd un peu de sa puissance.

 

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La seconde partie est consacrée à Claire (Charlotte Gainsbourg donc) et se situe quelque temps après le mariage. Justine arrive dans le manoir du compagnon de Claire dans un état de dépression grave et sa sœur va s'occuper patiemment d'elle. Peut-être dans le but de détourner son attention d'un événement qui l'angoisse terriblement : l'approche de la planète nomade Melancholia, planète qui ne devrait pas entrer en collision avec la terre selon les scientifiques. Mais les scientifiques n'ont pas toujours raison et Claire, comme Justine, sent l'arrivée inéluctable de cette immense planète destinée à annihiler la vie sur terre. Si Claire ne peut être sûr que ses peurs les plus profondes se réaliseront, nous, par contre, nous le savons depuis le début car dans les tableaux introductifs, Lars Von Trier nous a montré cette terrifiante collision qui a complètement détruit la terre. Image sublime et angoissante à la fois, qui a fait ressortir une de mes peurs les plus profondes.

 

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Claire est habitée par l'angoisse et a de plus en plus de mal à s'occuper de son fils et de sa sœur. Heureusement, son compagnon, très rationnel et même subjugué par l'événement, est toujours là pour la rassurer. Elle ne peut cependant s'empêcher de se préparer au pire, même si elle se trouvera complètement désemparée quand celui-ci arrivera.

 

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Lars Von Trier arrive à faire évoluer cette histoire terrible de manière intimiste et, dès lors, beaucoup plus touchante et pétrifiante à la fois. Jamais on ne saura ce que le monde en-dehors du manoir ressent, nous vivrons une sorte de huis-clos qui se limitera à l'immense terrain de la demeure de Claire et John. L'angoisse nous saisira aussi intensément qu'elle habite les personnages de cette histoire, de telle sorte que nous vivrons nous aussi un peu cette fin du monde, une apocalypse comme jamais le cinéma ne nous en avait offerte.

 

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J'ai été complètement bouleversée par ce film, que j'ai vécu de manière intense et douloureuse. Certes, il traite de la dépression et comporte certainement beaucoup de Lars Von Trier (je n'ai pu m'empêcher de penser que la scène où Charlotte Gainsbourg essaie de faire prendre un bain à une Kirsten Dunst nue et tétanisée, incapable de faire le moindre geste, soit quelque chose qu'il a vécu). Mais il possède également une dimension universelle qui permettra au spectateur qui s'inscrit en-dehors de ce sentiment dépressif de pouvoir tout de même ressentir et vivre ce film.

 

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Maintenant, je comprends que le sentiment d'angoisse (très fort) que le film fait naître puisse en rebuter certains sur le moment et en décourager d'autres anticipativement. Dès lors, je préfère le dire : oui, certains passages du film ont fait naître une sorte (léger, je vous rassure) de panique (légère, je vous rassure) chez moi. Comment ne pas ressentir cela quand on sait qu'une planète est sur le point de détruire tout ce qui est et a été sur terre ? Mais cette panique tient de ce fameux vertige que peut faire naître un bon récit de science-fiction, et nous donne à vivre le film si intensément que je ne peux la considérer négativement.

 

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En tout cas, une fois que la dernière image du film fait place à un écran noir précédant le générique (et merci mille fois au cinéma de Tournai d'avoir rallumé tout de suite les lumières, alors que nous étions tous encore un peu hébétés par ce que nous venions de voir!)(il y a des claques qui se perdent...), impossible de sortir tout de suite de ce film, film qui m'habite d'ailleurs encore. Rarement une expérience cinématographique a été aussi intense pour moi...

 

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Au final, Melancholia est un film qui ose aller jusqu'au bout de son propos et qui est de ce fait intense, marquant et dur. Un film qui est aussi abouti esthétiquement que scénaristiquement parlant et qui dépasse pour moi, et de loin, l'expérience de The Tree of Life. Une expérience que je vous conseille d'ailleurs de vivre au cinéma parce que jamais vous ne pourrez ressentir la même chose face à un écran de télévision.

 

Mon avis sur Phénix Web.

 

* * * * (**)

 

PS: Vous pouvez voir certains des « tableaux en mouvement », dont celui de Charlotte Gainsbourg s'enfonçant dans l'« herbe-neige », à partir de 1'17'' dans cette bande-annonce :

 

 

Publié dans : En salle - 2011 - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
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Commentaires

C'est marrant parce que je viens de passer 1h ce soir à essayer de mettre mon avis sur papier (enfin sur word quoi xD) sans y arriver, faute d'avoir réellement un avis. J'ai plus accroché à Tree of Life personellement.

Mais ça dépend vraiment des personnes parce que ma mère qui l'a vu avec moi est aussi enthousiaste que toi ^^

Commentaire n°1 posté par Vert le 17/08/2011 à 00h26

Oui, c'est le genre de film qui va aller toucher une corde sensible particulière, ça joue beaucoup plus sur le ressenti en fait.

Réponse de Cachou le 17/08/2011 à 00h44

je l'ai aussi vu et je suis quand meme moins enthousiaste que toi! j'ai trouvé le film visuellement très réussie, sauf le mariage de Justine, qui nous donne presque la nausée, à force de filmer en saccadé, et en même temps en gros plan! par contre, d'accord pour le jeu des acteurs, les deux actrices sont vraiment extraordinaire et Alexander Skargard est très fade, mais je pense que ça vient sutout de son personnage très niais, mou et inintéressant; j'ai trouvé le film extrêmement oppressant et angoissant, ce huis clos et cette fin du monde, j'en ai presque eu l'impression de voir un film d'horreur! par contre, je ne me suis pas sentie emporté par le film; quant aux actes étranges de Justine lors de son mariage, je me suis demandée, si ce n'étais pas du à un sens prémonitoire, comme si elle avait senti que mélancholia détruirai la planète terre, là où tout le monde ne voyait qu'un évènement secondaire; le film donne l'impression qu'elle ressent cette future fin et du coup, elle ne voit pas l'intérêt de continuer à faire semblant pour faire plaisir à la société, avec son mariage et son boulot;

Commentaire n°2 posté par trillian le 17/08/2011 à 00h48

Oui, très oppressant, mais je l'ai vécu tellement intensément que c'est un plus pour moi en fait.

 

Attention spoilers:

Ben figure-toi que je me suis fait la même réflexion. Que Justine, déjà prédisposée à la dépression, perçoit ce soir-là en arrivant ce qui va se passer, parce qu'après tout, c'est après qu'on commence à la voir changer d'humeur. Et puis surtout le fait qu'elle aille dire à sa mère qu'elle a peur, pas du mariage mais vraiment peur, et qu'est-ce qui pourrait causer cette peur? Et quand sort-elle de la dépression? Quand elle voit l'inéluctable arriver, elle est alors comme libérée.

J'en ai parlé à ma mère (qui est venue avec moi) en sortant, ça ne l'a pas convaincue. Mais je continue à penser comme toi qu'elle a eu la prémonition de ce futur et que ça a fortement joué sur son comportement dans son mariage, parce qu'elle agit comme si plus rien n'avait de sens, or qu'est-ce qui pourrait donner cette impression-là? Une fin du monde ^_^.

Réponse de Cachou le 17/08/2011 à 00h55

oui tout a fait d'accord sur cette façon de voir le personnage de Justine, elle n'en avait plus rien à faire de faire semblant, elle a senti la fin du monde proche, à quoi bon continuer, même si elle avait déjà tendance à la dépression avant.

Commentaire n°3 posté par trillian le 17/08/2011 à 01h07

Exactement! Du coup, ma théorie ne me semble plus si bête (zut, j'aurais dû en parler dans le billet alors).

Réponse de Cachou le 17/08/2011 à 08h46

J'ai moi aussi beaucoup aimé ce film, et surtout sa fin.

Sur la première partie, caméra à l'épaule, c'est, il me semble, un reste du dogme (mais il y a eu bien pire, comme dans "les idiots") et toute la cérémonie du mariage fait fortement penser à "Festen".

Je ne te rejoins pas sur l'idée d'une prémonition que Justine aurait et qui expliquerait son état dépressif. Pour moi, c'est plutôt une mise en parallèle de la destruction d'une personne par sa maladie, la mélancolie, et celle de la Terre par une planète, Melancholia.

La deuxième partie permet aussi d'inverser les rôles, de "réhabiliter" Justine en montrant que, face à la crise, c'est la "malade" qui garde la tête froide et la "normale" qui s'effondre complétement, comme l'explique Trier dans l'interview qu'il a donné à Libé.

Commentaire n°4 posté par JFS le 17/08/2011 à 09h55

La cérémonie de mariage m'a bien plu, non pour la caméra mais pour la manière dont elle révèle les personnages, du coup il faudrait peut-être que je m'intéresse au cas de "Festen", que je ne pensais pas fait pour moi.

Je ne sais pas, l'idée de la prémonition est fortement ancrée dans mon ressenti, et n'est pas incompatible avec ce que tu dis sur sa dépression d'ailleurs. Parce qu'à mes yeux, si elle garde la tête froide, c'est aussi une conséquence de sa dépression, comme si elle se rendait compte que ses pires peurs (ou autres) s'étaient réalisées et qu'il n'était plus nécessaire de se laisser paraliser par elles. Comme un hypocondriaque qui se retrouve avec une maladie grave et qui en est presque soulagé d'une certaine manière. Sauf qu'ici, la peur de la maladie est remplacée par la peur de voir que sa vie ne signifie vraiment rien à cause de cette vision qu'elle a eu du futur (parce que le film rend assez évident le fait qu'elle savait, autrement pourquoi faire toute cette tirade sur ses visions?).

Réponse de Cachou le 17/08/2011 à 23h26

Je suis allée le voir hier... et je n'ai pas réussi à tenir jusqu'à la fin du mariage tellement ça m'a donné la nausée cette façon de filmer  Dommage, il me faisait vraiment envie ce film, et ce que vous en dites me conforte dans cette idée. Mon chéri qui est resté jusqu'à la fin a beaucoup aimé aussi.

Commentaire n°5 posté par Zahlya le 17/08/2011 à 10h08

Oh, c'est dommage, surtout que la caméra se calme vraiment beaucoup après. Peut-être une prochaine fois (mais c'est dommage de ne pas voir le final sur grand écran, tellement impressionnant ainsi).

Réponse de Cachou le 17/08/2011 à 23h27

Je partage ce point de vue sur le dernier film de Lars von Trier. Son caractère anxiogène n'est pas une nouveauté chez ce cinéaste iconoclaste, souvent passionnant quoiqu'imprévisible. En effet, il semble prendre un malin plaisir à brouiller les pistes, à contredire toujours son précédent film. Mélancholia est un beau film, inquiet mais fort humain. La fin en est glaçante. Toutefois, pour ma part, ce n'est pas son oeuvre la plus forte. J'en connais deux qui la surpassent aisément : "Breaking the waves" et "Les idiots" (deux chocs cinématographiques, deux expériences parmi les plus extrêmes et bouleversantes que j'ai vécues. Je n'ai pas du tout aimé sa Palme d'Or avec Bjork, Dancer In theDark, son film le plus roublard et le plus surrestimé.

Commentaire n°6 posté par frédéric le 17/08/2011 à 10h51

Plus fort que ce film-ci? Tu m'intrigues. J'ai "Breaking the waves" quelque part, mais ce film me fait peur, j'ai l'impression que je ne saurais pas supporter certaines scènes.

Ce que tu dis sur "Dancer in the Dark" ne me surprend pas, les extraits que j'ai vu de ce film m'ont donné une impression de "forcé", sans que je ne sache expliquer pourquoi.

Réponse de Cachou le 17/08/2011 à 23h29

Je n'ai lu que l'avis de Mélanie Fazi concernant ce film, elle est aussi très ravie de son expérience. Il ne m'en faut pas plus pour foncer au cinéma le voir :)

Commentaire n°7 posté par Acr0 le 17/08/2011 à 16h03

Il faut que j'aille voir cet avis!

N'hésite pas, c'est une sacré expérience, et même si le film ne te plaît pas, il restera quand même ce final incroyable.

Réponse de Cachou le 17/08/2011 à 23h29

Je n'ai pas lu ta critique (honte sur moi !) mais j'ai trop envie de voir le film pour m'imprégner de commentaires. Par contre, j'ai vu la note, et ça semble t'avoir plu...

Commentaire n°8 posté par Sékateur le 17/08/2011 à 20h20

J'ai adoré!

Je fais exactement pareil avec les critiques de films que j'ai envie de voir. J'espère qu'il te plaira autant qu'à moi.

Réponse de Cachou le 17/08/2011 à 23h32

Je n'ai jamais réussi à regarder un film de Lars Von Trier du début à la fin, mis à part la série l'hôpital et ses fantômes qui m'avait plusieurs fois accroché (je suis tombé sur des épisodes épars sur Arte, et j'avais été assez captivé par l'ambiance).

Reste que Madame m'a convaincu d'aller voir Melancholia, et ton avis ne fait que me donner davantage envie :)

Commentaire n°9 posté par Vladkergan le 17/08/2011 à 23h00

J'ai eu ça également avec le seul autre que j'ai tenté de voir.

Mais Madame a absolument raison, et j'espère que ce film vous plaira, parce que je suppose que les attentes doivent être plutôt élevées.

Réponse de Cachou le 17/08/2011 à 23h36

Je n'ai lu que la première phrase de ton billet, ça suffit à me convaincre. Pas encore vu mais très envie, j'irai vendredi ou début de semaine prochaine (je crains qu'il ne fasse pas long feu au ciné).

Commentaire n°10 posté par Tigger Lilly le 18/08/2011 à 00h07

(chuis trop forte quand même! )

Oui, m'étonnerait qu'il reste longtemps à l'affiche. Tout comme "The Tree of Life", il joue pourtant sur un casting à même de plaire (Kirsten Dunst et m'sieur "True Blood" sont draineurs de spectateurs normalement), mais même ça, ça ne pourra pas convaincre les programmateurs de cinéma hors "art et essai" que c'est un film qui nécessite du temps pour intéresser, car fonctionnant sur le bouche à oreille. Quand je pense que tantôt, dans ma bouquinerie, j'en parlais à quelqu'un que je voulais convaincre d'aller voir ce film et qu'une inconnue est venue en parler aussi, je me dis que si on lui laissait le temps de "vivre", il pourrait faire un chiffre d'affaire honorable. Mais bon, on peut toujours rêver!

Réponse de Cachou le 18/08/2011 à 00h13

Enfin, je retrouve le net après des vacances (où là ça ne m'a pas manqué) et des problèmes techniques à la maison. Ca commençait à faire long quand même!

Je passe vite fait chez toi pour voir un peu ce qui s'est passé par ici durtant mon absence et je tombe sur un billet concerntant "Melancholia". Je l'ai vu il y a quelques jours et THE claque également. Quelle fin sublime! Et avant ça quel film! Bon on a pas mal de retard à rattraper niveau post mais on va reparler de ce film très prochainement chez nous. Tu pourras voir nos deux avis mais une chose est sûre, "Melancholia" tiendra une place importante dans notre palmarès de fin d'année.

Commentaire n°11 posté par Nelfe le 18/08/2011 à 00h46

(rageant les problèmes techniques, je connais)

De même pour moi, il est même en tête pour l'instant.

Réponse de Cachou le 18/08/2011 à 21h28

Oh ! cela me donne très envie d'aller voir ce film. Tes coups de coeur sont exactement les mêmes que les miens et je rajoute juste Une séparation vu lundi dernier.

Commentaire n°12 posté par krol le 18/08/2011 à 12h43

J'ai beaucoup aimé "Une séparation", mais pas au point d'en faire un coup de coeur.

Réponse de Cachou le 18/08/2011 à 21h31

Je ne savais pas trop quoi penser de ce film avec seulement la bande-annonce. Mais j'ai bien envie d'aller le voir du coup. :)

Commentaire n°13 posté par Lulu le 18/08/2011 à 22h15

Y faut, y faut!!! ^_^

Réponse de Cachou le 18/08/2011 à 22h17

Je l'ai vu moi aussi, et même si je l'ai trouvé beau, esthétiquement parlant, et fort, j'ai du mal à saisir le sens de cette histoire. Je ne comprends pas l'objectif du réalisateur en fait...

Commentaire n°14 posté par Lilly le 19/08/2011 à 14h42

C'est le "problème" (enfin, ça n'en est pas un, juste manière de parler) avec ces films qui se basent sur le ressenti très personnel du réalisateur: on entre en résonnance avec son expérience ou pas. C'est la même chose pour "the Tree of Life" d'ailleurs. Peut-être que "Melancholia" parlera plus à ceux qui sont habités par les mêmes angoisses, ou par des peurs assez similaires pour être touché par ce que veux exorciser le réalisateur?

Pour l'objectif, ça doit varier selon le regard du spectateur je suppose. Moi j'y vois une manière d'exorciser ses peurs en les rendant concrètes, palpables. Mais peut-être aussi une métaphore sur la dépression, d'un côté la manière dont on peut se laisser engouffrer par elle, de l'autre le côté libérateur de la réalisation de ses peurs, ou de la "libération" prochaine. Quelque chose comme ça ^_^.

Réponse de Cachou le 19/08/2011 à 21h39

Bonsoir. J'ai été voir ce film ce soir. Mon amie qui s'est effondrée en larmes à la fin en revivant ses "angoisses existentielles" le trouve exceptionnel.

Moi, je me suis (un peu) ennuyé, n'y suis pas jamais entré et n'ai rien ressenti. Il y a certes de bonnes images mais, peut-être est-ce dû au huis-clos, il m'a semblé très abstrait et ne m'a surpris à aucun moment.

Du même réalisateur, je me souviens avoir été impressionné par Dogville, dont j'ai cependant tout oublié...

Commentaire n°15 posté par Tétard le 19/08/2011 à 23h37

Je ne pense pas que les surprises étaient possibles avec ce film, sauf peut-être dans certaines réactions au mariage, le réalisateur a voulu retirer les questions du "que va-t-il se passer" pour nous faire juste "vivre". En fait, j'ai été comme ton amie, j'ai vécu avec ce film une angoisse existentielle intense qui me hantait avant, du coup je l'ai ressenti très fortement. Je pense que c'est surtout ça en fait: le film plaît s'il parle à nos angoisses. Autrement, c'est comme tu le dis, abstrait.

pas vu "Dogville".

Réponse de Cachou le 19/08/2011 à 23h41

A la fin de la représentation, dans la salle, plusieurs personnes ont ri, se sont esclaffées, et je pense que Lars von Trier a un côté cynique et humoristique, il bouffonne un peu, au fond, comme quand il fait dire à Claire que la planète a l'air très amicale. Enfin, si on y croit, c'est d'autant plus effrayant, mais cette planète n'est quand même, objectivement, qu'un fantasme, son nom le montre tout de suite, et un fantasme, comme un rêve, porte forcément dans son apparence sa portée morale, étant fait du sentiment. Du moins c'est mon avis. Sinon, Justine est évidemment extralucide, et porte la pensée du réalisateur, qui à cet égard se moque aussi, car pour la vie extraterrestre, il n'en sait en fait rien, il fait comme s'il était prophète, mais l'idée d'avoir découvert par inspiration le nombre de haricots dans le bocal est bouffonne, et je pense que même Lars von Trier en rit, ou en ricane. Pour autant, c'est une réalité, qu'un jour, la Terre doit mourir. C'est une réalité, que nous devons tous mourir. On ne peut pas le retirer à Lars v. T. !

Commentaire n°16 posté par Rémi le 20/08/2011 à 11h58

Pour le côté cynique, certes, celui humoristique, je ne l'ai absolument pas ressenti. D'ailleurs, aucune réaction de ce style dans la salle, il a juste régné un silence incroyable, comme j'en avais rarement entendu en fin de séance (j'en avais connu un similaire à la fin de "The Tree of life", la majorité des gens étant même restés scotchés à leurs sièges jusqu'au milieu du générique, chose inhabituelle). J'aurais été pour ma part incapable de rire en sortant de ce film, ni même pendant la fin de celui-ci, tellement j'ai été tétanisé et emportée par lui. Dès lors, je suppose que notre manière de percevoir cette fin du monde influence notre perception des intentions du réalisateur...

 

Pour l'extralucidité de Justine, même si cette théorie est celle qui me séduit, ce côté n'est pas du tout évident, certaines personnes n'étant même pas d'accord avec cette théorie (comme celle qui m'a accompagnée par exemple, mais qui est loin d'être la seule dans le cas). Et je n'ai pas ressenti que Lars von Trier se moquait, mais plutôt qu'il déversait en quelque sorte un dégoût envers l'humanité. Quand il faisait dire à Justine "the earth is evil", c'est plus une sorte de dégoût propre à la dépression, à la misanthropie entraînée par celle-ci, mais aussi une constatation quelque peu réaliste de la nature humaine, la terre se résumant souvent pour certains à l'homme. Quant à la vie extra-terrestre, il y a une théorie très sérieuse et en laquelle de nombreux scientifiques croient disant que nous sommes les seuls êtres vivants de l'univers. Tout comme il y a une théorie tout autant sérieuse et suivie qui dit le contraire. Mais dans le cas de ce film-ci, de souligner la première théorie met en avant l'ironie et l'inéluctabilité de la chose: le hasard a voulu que la vie naisse sur terre, le hasard la supprime, et l'univers ne sera plus habité par des êtres capables de tant de cruauté et de laideur (et de beauté et d'innocence). N'est-ce pas une sortre de phantasme de suicidaire, un immense "après moi, le déluge"...?

Réponse de Cachou le 20/08/2011 à 22h38

Si, bien sûr, mais enfin, Claire dit à Justine qu'elle n'en sait rien, s'il n'y a pas de vie ailleurs, et Justine répond que si, elle sait, et que la preuve en est qu'elle connaît le nombre exact de haricots dans le bocal. Peut-être que Lars von Trier est alors très sérieux, qu'il pense qu'on peut avoir des dons de ce genre, mais pour ma part, je trouve que c'est ridicule, des haricots dans un bocal ! Pour moi, l'extralucidité de Justine ne fait aucun doute, c'est parce qu'elle est lucide dès le début, parce qu'elle pressent mystérieusement les choses qu'elle se désintéresse de son mariage. C'est la logique de l'histoire, qui sinon a deux parties qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre, ou sont liées seulement par un rapport intellectuel plutôt ridicule aussi, car la dépression est une maladie individuelle, et non collective. Lars von Trier a clairement voulu relier la dépression à la conscience aiguë de la vérité, qu'énonce Justine. Et on ne peut pas le nier, du reste : 1°, tous les hommes actuellement vivants doivent mourir, 2°, la Terre doit un jour disparaître, 3°, qu'il y ait de la vie organique ailleurs n'a strictement aucune importance, puisqu'elle n'a aucune influence sur nous, et que nous vivons, concrètement, comme s'il n'y en avait pas. Sauf qu'ici bien sûr on peut comprendre la vie extraterrestre comme une manière de parler de Dieu. Mais de nouveau, c'est ridicule, car les anciens assimilaient les planètes mêmes aux dieux, voire aux anges, et le fait est, je crois, que Lars von Trier, peut-être inconsciemment, en tient compte, puisque sa planète porte le nom d'une allégorie : on attribuait aux planètes, autrefois, l'origine de la mélancolie, en particulier, en fait, à la Lune (dont certains disent, d'ailleurs, qu'elle doit un jour se précipiter vers la Terre), liée à des anges plus ou moins démoniaques. Même si Lars von Trier ne reprend pas consciemment ces figures, le film s'organise bien comme si la planète Melancholia était l'ultime destin du monde, et c'est ce qui est si impressionnant. D'ailleurs, quel savant actuel donnerait un tel nom à une planète ? Cela n'a pas de vraisemblance. Donc, pour moi, il s'agit évidemment d'un film ironique au sein duquel les figures allégoriques et angéliques renvoient en réalité à l'absence totale du dieu bon des chrétiens. Cela me fait le même effet que la fin de "Apocalypse now", on voit des divinités qui ont l'air de bien s'amuser de l'horeur du monde. Or, c'est un thème constant de la littérature anglaise.

Commentaire n°17 posté par Rémi le 21/08/2011 à 10h15

Si, on peut voir un lien entre les deux parties sans avoir besoin de la lucidité, juste comme le début et la fin d'un état dépressif, comme le moment où la dépression lui fait abandonner la mascarade, et comme celui où la fin de la planète lui fait abandonner la dépression. Comme je le disais, si je partage l'impression que Justine est extralucide, cette vision des choses n'est pas forcément partagée par les autres spectateurs qui ont vu du sens dans ce film sans ça.

Et pour l'association de la mélancolie à la lune, je suis sûre que c'est entièrement voulu par le réalisateur. Et pour l'ironie, je suis d'accord, mais je n'arrive toujours pas à percevoir de côté humoristique à la chose.

 

Réponse de Cachou le 21/08/2011 à 18h04

L'ironie contient un peu d'humour, non ? Ou l'humour un peu d'ironie ? J'ai le sentiment que dès qu'on aborde les questions sur l'extralucidité, ou la conscience de ce qui est au-delà des apparences, il y en a toujours qui, par agnosticisme, vont nier l'évidence de ce que montre un fiilm ou de ce que pense un cinéaste ou un écrivain. C'est comme quand on cite Victor Hugo disant qu'il va entrer dans les ténèbres du sommeil et y voir des figures mystérieuses, on en trouve toujours qui disent que cela n'a rien à voir avec l'extralucidité, et que c'est à comprendre à partir de la psychanalyse.

Mais honnêtement, à mon avis, la seconde partie, qui montre d'abord Justine complètement déprimée, déjà, suffit à montrer un cheminement qui met peu à peu sa dépression en relation étroite avec le réel. Les raisons de la dépression ne sont d'ailleurs pas son mariage, puisque son ratage en est l'effet. Or, dès la première partie, elle est la première à remarquer que la brillante étoile Antarès a disparu, cachée par la planète Melancholia, un peu comme si son bon ange, ou le bon ange de son mariage, avait été écrasé par la mélancolie même, le désespoir. Son visage nettement découpé et doré, dans le bain, lui donne vraiment l'air d'une extralucide qui voit au fond des choses, d'une statue d'or, d'une déesse antique. Elle sort dehors seule et on entend déjà l'air de Wagner, lorsqu'elle regarde le ciel, comme perplexe, désemparée. Elle a vu le fond des choses, c'est assez évident. Enfin, pour moi.

Commentaire n°18 posté par Rémi le 21/08/2011 à 21h14

Tout ce qui est ironique n'est pas forcément drôle. L'ironie, c'est sous-entendre une chose en en disant une autre. L'humour naît de certaines confrontations entre le signigiant et le signifié mais n'est pas une constante de la chose.

Pas besoin de me convaincre, je crois en l'extra-lucidité de Justine. Par contre, j'ai eu beau essayer, je n'ai par exemple pas pu convaincre ma mère, qui a pourtant l'habitude de voir des films de SF et fantastiques, vu que c'est mon dada, et que je l'ai de ce fait un peu contaminée. Dès lors, je ne pense pas que ce soit une question de mauvaise foi/volonté, mais juste un ressenti personnel, parce que ce film, quand il plaît, résonne fortement en nous et nous permet de le voir et de le concevoir comme nous le souhaitons. Cette "malléabilité" est une chose que j'apprécie, personnellement, parce que j'aime bien être guidée par un réalisateur tout en gardant la lattitude de pouvoir interpréter les choses par moi-même.

Réponse de Cachou le 21/08/2011 à 21h22

Ma mère adore dire qu'elle n'est pas d'accord avec moi, et mon père aussi, même pour des broutilles, je ne sais pas, je ne suis pas convaincu. Mais enfin, une mère, il faut toujours la respecter.

Commentaire n°19 posté par Rémi le 21/08/2011 à 21h24

Toujours, voilà.

Réponse de Cachou le 21/08/2011 à 21h30

Olala la claque... Merci pour ton article qui a fait naître en moi l'envie de voir ce film. Mon expérience la plus intense au cinéma depuis un moment. J'ai été dedans du début à la fin, mon estomac se serrant de plus en plus vers la fin du film (peut-être depuis le moment où Claire se réveille et ne trouve pas son mari, puis la fuite vers le village (d'ailleurs, j'aimerais bien connaître le mystère du pont devant lequel le cheval se cabre et la voiturette refuse d'avancer, comme s'ils étaient condamnés à rester isolés jusqu'au bout), et le moment où elle dit qu'elle aimerait finir proprement, en buvant du vin avec son e tourage - là je pense que tout le monde s'est demandé comment il voudrrait vivre la fin du monde) jusqu'à finir complètement en larmes et incapable de dire quoi que ce soit pdt quelques minutes après la dernière image (heureusement, ils n'ont jamais rallumé les lumières jusqu'à ce qu'on sorte. et tous les autres spectateurs avaient aussi l'air tétanisé). Le jeu de Charlotte Gainsbourg est absolument incroyable !! Son personnage est tellement humain pdt la seconde partie du film, alors que Justine me faisait presque peur dans son côté glacial et mystique, à accepter si facilement la fin du monde.

Je n'ai pas pu m'empêcher de relever des références à des tableaux connus de l'histoire de l'art. Tu fais donc bien de parler de "tableaux en mouvement" pour l'introduction... Il y a déjà un des tableaux que nous reverrons dans le film (avec une scène de chasse sous la neige). Mais il y a également, il me semble, une grosse référence à Ophelia de Millais (http://www.tate.org.uk/ophelia/), qui m'a été confirmée par la vision furtive du tableau dans un des livres de la bibliothèque du manoir, lorsqu'on voit la mariée glisser sur l'eau avec un bouquet de fleur dans les mains. J'ai enfin été frappée par la ressemblance, dans la scène où Kirsten Dunst s'allonge nue sous la lumière de Melancholia (une des images qui illustre ton article, d'ailleurs), avec le tableau d'Endymion qui s'endort sous le reflet de la lune (http://www.aidart.fr/galerie-maitres/neoclassicisme/le-sommeil-dendymion-dit-aussi-endymion-effet-de-lune-girodet-1791-648.html). Je ne sais pas si ça a un sens, mais ça m'a frappée.

Si j'ai vécu intensément le film, les amis avec qui je suis allée le voir n'ont pas du tout été pris par l'histoire, eux. Ils ont trouvé ça beaucoup trop lent et long, et ont été trop rebutés par le caractère et le comportement de Justine. J'ai eu beau leur rappeler que c'était la faute de la dépression etc., bof. Ca me navre un peu qu'on ne sache plus apprécier des films "lents" à cause de tous ces films d'action ultra saccadés et stéréotypés...

Enfin, dommage pour eux. Je pense que cette histoire a beaucoup résonnée en moi également parce qu'elle renvoyait à certains souvenirs ou affects personnels (l'entraide entre soeurs, les crises d'angoisses, la dépression...). Bref parfois il y a des rencontres entre un film et un spectateur qui se font, et là c'était le cas !

Commentaire n°20 posté par zabaka le 24/08/2011 à 23h41

Quel commentaire passionné! Contente que tu aies éprouvée tant de choses devant ce film (et du coup d'avoir réussi à te donner envie de le voir!).

Effectivement, les tableaux sont très fortement inspiré par des peintures (le rapport à l'art est d'ailleurs revendiqué, et on voit vertains clins d'oeil dans les livres ouverts dans le bureau de Charlotte Gainsbourg). Le premier "tableau", celui qui apparaît en premier dans mon billet, est lui inspiré par Paul Delvaux, un peintre belge (voir ici - je n'ai pas retrouvé le tableau que j'avais en tête, mais celui-ci est dans le même style).

 

Je pense que ceux qui ont été bouleversés par ce film sont ceux qui ont été angoissés et touchés par cette question du "avec qui construirait-on une cabane le jour de la fin du monde"... Peut-être que sans cette angoisse tellement forte ressentie progressivement, ce film peut sembler ennuyeux...

 

Détail "amusant": je viens de regarder "Antichrist" du coup (coup dur, film très angoissant également, mais d'une matière plus crue et cruelle que "Melancholia), et il y a là aussi un pont étrange qui sépare les mondes et que franchit cette fois Charlotte Gainsbourg. Il y a d'ailleurs beaucoup de points communs entre "Melancholia" et "Antichrist".

Réponse de Cachou le 25/08/2011 à 01h03

Ah oui, Antichrist me rebute totalement par contre... J'ai lu dans un article de presse que Melancholia est le film le plus accessible de von Trier.

Très intéressant le rapport avec les tableaux de Delvaux, merci pour l'info !

Commentaire n°21 posté par zabaka le 25/08/2011 à 16h10

Ce ne m'étonnerait pas en effet, il semble moins "trash" que les autres. Et "Antichrist" est vraiment très dur, il mérite sa réputation.

Réponse de Cachou le 25/08/2011 à 18h22

Non capisco perché Jack Bauer non ha salvato il mondo. Come si dice "Tout fout le camp" in italiano?
Mi chiedo se la scelta di Kiefer Sutherland non è ironia. Che ne dici?
Je me demande si la négation de ma pénultième phrase est correcte. C'est une tournure très française. N'hésite pas à me corriger.

Après une occasion râtée j'ai enfin pu le voir. J'ai malheureusement encore constaté que Lars Von Trier n'a pas résolu son problème avec les femmes. Il adore toujours autant les montrer à terre même s'il dans son dernier film il les humilie un peu moins que d'habitude. Je trouve que c'est un très bon réalisateur mais ce qu'il raconte ne me plaît pas. Il devrait essayer les films de commande. Je peine à trouver une cohérence entre le mariage râté du personnage joué par K. Dunst et la fin du monde ; j'ai bien du mal à l'imaginer en pubarde (créatrice de publicité), en personne arrivant vierge au mariage, avec une telle mère... Je ne vois pas où veut en venir Von Trier. Quel est son propos? Les filles sont de pauvres êtres fragiles? L'humanité est de la vermine : qu'elle disparaisse?

J'ai été plus sensible à l'aspect fin du monde, en tout cas à son esthétique de la fin du monde. Certains plans sont sublimes. L'introduction est origale quand on y repense à la fin du film. Elle pourrait être une fiction dans la fiction, la suite de l'histoire dans un univers parallèle (grâce à la "cabane magique" les personnages pourraient avoir été transportés dans ce nouvel univers). Les plans sont marquants. Le choix de la caméra à quelques centaines d'images par seconde et la qualité de la photographie y sont pour beaucoup. À un autre moment du film le plan où l'on a d'un côté la lune, de l'autre la planète Melancholia est aussi sublime. Il est vrai que l'introduction peut paraître un peu pédante. Malgré ses qualités, c'est un peu ce que j'ai ressenti en la voyant même si je n'arrivais pas à trouver les mots pour la qualifier.

La scène finale peut être comparée à celle de (on ne rigole pas) Toy Story 3. Les personnages se font à l'idée de leur mort prochaine, inéluctable et l'acceptent. Je trouve que la scène de Toy Story est plus forte. Elle m'avait impressionné.

Le côté caméra à l'épaule ne m'a pas gêné, au contraire. Je ne l'ai vraiement remarqué que quelques secondes pendant le film : à un moment j'ai noté une caméra un peu chancelante. On est bien loin de Mondovino et de sa caméra "bateau-ivre" (à se demander si Nossiter ne l'a pas fait exprès).

Pour moi The Tree of Life est nettement supérieur à Melancholia.

Commentaire n°22 posté par Romain C. le 27/09/2011 à 19h35

(oh, purée, j'avais complètement oublié le côté Bauer de Sutherland...! Possible que ce soit à dessein!)

Tutto va a fan culo? ;-p Non lo so, non ho mai usato quest'espressione. Quella di va' fan culo bene (e quella che uso di piu).

La negazione mi sembra corretta, ma non sono sicura, faccio sempre delle costruzione francese nelle mie frase italiane (e non so scrivere correttamente perche parlo di piu che leggo l'italiano).

 

Une personne que je connais a une théorie intéressante: les premiers tableaux sont un rêve, la première partie est la retranscription du rêve du point de vue de Kirsten Dunst, la seconde du point de vue de Charlotte Gainsbourg.

En attendant, je ne trouve pas que le réalisateur ait été désobligeant envers les femmes, que du contraire, ce sont les seules à faire face à tout ça quand tu y penses. Dans le mariage, c'est Charlotte qui calme le jeu et maîtrise les choses, dans l'apocalypse, c'est Kirsten, les hommes ne sont bons qu'à être manipulés ^_^.

Je pense que le propos de Von Trier, c'est plus d'incarner une peur profonde, celle de la chute vertigineuse de la dépression, qu'il nous fait partager en traduisant le sentiment ressenti par les dépressifs de manière compréhensible par les non-dépressifs, cette apocalypse qui réduit tout à néant incarnant peut-être le sentiment d'impuissance et de détresse ressenti par un dépressif.

 

Tu vas me détester mais je n'aime pas "Toy Story". Je n'ai vu que le troisième, parce qu'on m'a promis monts et merveilles, et cette scène dont tu parles ne m'a pas du tout touchée. J'ai trouvé le film mimi, mais sans plus.

Réponse de Cachou le 28/09/2011 à 10h14

Il est vrai que Kirsten voit l'avenir. Donc interprêter l'introduction comme sa vision est fort plausible.

 

Hortefeux s'est mis à l'italien:

I gatti : quando ce n'è uno, va bene, ma quando ce ne sono parecchi, tutto va a fan culo.

C'est Cachou qui va être content...

Si tu ne connais pas la phrase originale de (ce grand démocrate de) Hortefeux, tu dois te demander ce que je raconte.

Commentaire n°23 posté par Romain C. le 30/09/2011 à 18h48

Je connais l'"anecdote", je comprends ^_^.

Réponse de Cachou le 01/10/2011 à 22h53

"Après le plaisir de posséder des livres, il n'y en a guère de plus doux que d'en parler."

Charles NODIER

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