Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 19:42

 

Denoël, Présence du futur

Genre: science-fiction

Pourquoi ce livre? Parce que j'ai décidé de lire tous les Vonnegut qui me tombent dans les mains et que celui-ci a tenté the idiot et Vance pour une lecture commune.

 

 

Les-sirenes-de-Titan.jpgRESUME:

Vint un temps où l'au-delà lui-même finit par perdre ses attraits. C'était entre la Seconde Guerre mondiale et la Troisième Grande Dépression. Et ce fut à ce moment-là que Winston Niles Rumfoord, un richissime Américain, fut transformé avec son chien en « onde spirale », ne pouvant plus dès lors se matérialiser sur Terre que tous les cinquante-neuf jours. Sur Titan, en revanche, il pouvait se mouvoir en chair et en os. C'est pourquoi il en vint à fomenter une guerre entre Mars et la Terre dont les résultats ne furent peut-être pas à la mesure de ses étranges ambitions.

 

 

MON AVIS:

Après avoir lu Abattoir 5 et Nuit Noire, je me suis enfin attaquée à un « vrai » roman SF de Vonnegut. Et j'en ressors un peu perplexe je dois dire.

 

Nous sommes ici dans une histoire étrange et déroutante. A une époque pas vraiment précise, qui suit la Seconde Guerre mondiale et qui précède la Troisième Grande Dépression (à une époque où les voyages interplanétaires sont plus faciles et où des gens vivent sur Mars)(toujours un bon indice pour se dire qu'on est dans un roman de SF ^_^), un homme se matérialise dans la maison de sa femme une heure tous les 59 jours en compagnie de son chien. Très déstabilisant comme début de roman. Très amusant aussi. Cet homme va demander à rencontrer un richissime quidam pour lui annoncer que, comme il voit dans le passé et le futur lorsqu'il n'est pas matérialisé sur terre, il sait que son invité partira avec sa femme sur Mars avant de terminer son parcours sur Titan. Forcément le quidam ne le croit pas, et se retrouve pourtant entraîné dans une chaîne d'évènements qui vont le mener à faire tout ce que qui lui avait été prédit. 

Alors tout d'abord, aucun doute, c'est bien du Vonnegut, ne serait-ce que pour le côté humour absurde et à la limite surréaliste, ainsi que pour le cynisme lucide et la causticité des propos. Chose qui me plaît en règle générale, qui m'a encore plu ici mais qui n'a pas été suffisante pour me conquérir. Pourtant, comment résister à un roman qui vous permet de lire des phrases pareilles:

« Le chien, c'était celui de Winston Niles Rumfoord, le grand toutou chrono-synclastiquement infundibulé. » (p. 221)?

Il y avait tout ce qu'il fallait pourtant : une histoire assez abracadabrante pour devenir hallucinée et donc fascinante. Un style agréable, un humour très discret et piquant et, surtout, de belles critiques sociétales:

« A l'hôpital, on avait dit à Tonton qu'il avait une antenne fixée sous sa calotte crânienne et qu'il ressentirait une douleur à cet endroit chaque fois qu'il ferait ce qu'un bon soldat ne doit pas faire. L'antenne lui donnerait aussi des ordres et lui fournirait des roulements de tambour pour le faire marcher ou pas. Tonton n'était pas le seul à avoir une antenne. Tout le monde en avait une: médecins, infirmières, et généraux à quatre étoiles. C'était une armée vraiment démocratique. » (p. 114)

Mais le tout donne une histoire un peu bancale, qui si elle se tient en apparence, ressemble surtout à un assemblage de divers moments qui auraient pu exister les uns sans les autres et s'enchaîner de manière cohérente en l'absence de l'un d'eux, ce qui est problématique pour un récit se basant sur les résultats de l'enchaînement des évènements qu'il met en scène. Même l'arrivée des Trafamaldoriens déjà croisés dans Abattoir 5 ne m'a pas fait changer d'avis.

Alors on a encore un héros entre deux, ni tout gentil ni tout méchant. On a encore des idées intéressantes. On a encore des petits passages incroyables comme celui où l'auteur parle des « pères qui ont toujours raisons »:

« Ces deux papas peuvent donc avoir raison et pourtant se battre, parce qu'il y a de nombreuses façons de posséder la vérité. Il existe dans l'Univers des endroits où chaque papa comprendrait enfin de quoi parle l'autre papa. Là, toutes les formes de vérité s'adaptent les unes aux autres aussi joliment que les rouages de la montre solaire de votre papa. Ces endroits, nous les appelons: infundibula chrono-synclastiques. » (p. 19)(l'air de rien, cet extrait est une belle analogie de la relativité des points de vue).

Mais ça ne suffit pas pour faire des Sirènes de Titan un roman inoubliable et marquant.

Je ne regrette pourtant pas d'avoir lu ce livre, je ne me suis pas ennuyée quand j'étais plongée dans ses méandres. Mais j'en suis sortie sans rien en retenir de vraiment intéressant, sans le travail intérieur qu'avaient amené Abattoir 5 et de Nuit Noire. Je ne conseillerai donc pas la lecture de ce roman à des personnes n'ayant jamais rencontré et/ou apprécié le monsieur...

 

Au final, Les Sirènes de Titan est un étrange roman regorgeant de réflexions acerbes mais nécessaires, qui manque cependant de la cohérence et de l'intelligence d'Abattoir 5 et de Nuit Noire.

 

Summer Star Wars Logo

 

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec the idiot et Vance.

 

 

* * **

 

Autres livres de l'auteur sur ce blog:

Abattoir 5

Nuit Noire


CITRIQ

Publié dans : Les livres SF, fantasy et fantastiques - Communauté : Interlignes
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Retour à l'accueil

"Après le plaisir de posséder des livres, il n'y en a guère de plus doux que d'en parler."

Charles NODIER

Cachou-avatar-bon-5.jpg

Lecture(s) en cours

 

http://static.fnac-static.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/0/3/7/9782330006730.jpg

  Avec le soutien du C.L.A.P.

J'écris aussi là:

Journal-lectrice-200.jpg

Derniers Commentaires

Recherche

Ad-FreeBanner-transparence--2-.png

flux-rss-turquoise-transparence.png

Keep-calm-end-read-a-book.png

Image bannière trouvée ici
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés