Réalisateur : Gilles Balbastre, Yannick Kergoat
Pays : France
Durée : 104 minutes
Genre : documentaire, pamphlet
RESUME :
Les médias se proclament "contre-pouvoir". Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes
de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations pré-mâchées, les
intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur.
En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait Les chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de
son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi.
Aujourd’hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus
évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE dénonce cette presse qui, se revendiquant indépendante, objective et pluraliste, se
prétend contre-pouvoir démocratique. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d'une information produite par des grands groupes industriels du Cac40 et pervertie en
marchandise.
(www.allocine.fr)
MON AVIS :
Les nouveaux chiens de garde est un documentaire sur le journalisme en France qui commence à faire
parler de lui. J'ai eu la chance d'assister à une projection suivie d'une discussion avec un des deux réalisateurs, ce qui m'a permis d'un peu mieux comprendre le pourquoi de la forme de ce
documentaire pamphlétaire. Je reste cependant partagée à propos de certains procédés mais je trouve que le message qu'on veut nous faire passer ici est important et salutaire.
Le journalisme, pour pouvoir essayer d'atteindre le but illusoire mais nécessaire de l'objectivité, a besoin d'indépendance. C'est-à-dire de limiter - comme dans toute autre profession d'ailleurs - les conflits d'intérêts pour pouvoir relater librement les faits sans contraintes « extérieures ». Ce blabla théorique et bien-pensant est là juste pour insister sur le fait que, dans un monde idéal, le journaliste doit être libre de dire ce qu'il veut sans se sentir contraint de limiter ses propos par peur de représailles de son patron ou d'une quelconque organisation pouvant faire pression sur l'organe de presse pour lequel il travaille. Or, de nos jours, on est loin de ce résultat, aussi bien en France qu'en Belgique. Mais au lieu de lutter contre la chose, certains semblent se résigner, voire s'adapter on ne peut mieux à la situation. C'est ce que les réalisateurs des Nouveaux chiens de garde veulent expliquer et dénoncer ici.
On apprend de nombreuses choses révoltantes dans ce pamphlet, qui insiste sur le lien entre les journalistes se disant indépendants et le pouvoir, aussi bien économique que politique. Les réalisateurs nous parlent ainsi d'un « système de classe », d'une élite qui fournit aussi bien les journalistes vedettes que les politiciens qu'ils interviewent, voire qu'ils épousent, ou encore que les chefs d'entreprises qu'ils honorent. Ils mettent également en avant la manière dont nous retrouvons toujours les mêmes spécialistes à la télévision, spécialistes qui finissent peu ou prou par dire ou penser la même chose. Même les débats censés être polémiques mettent en présence des personnes qui sont souvent d'accord sur le fond, et s'attaquent uniquement le plus souvent sur la forme. Et bien d'autres choses que je vous laisse le loisir de découvrir par vous-même.
Tout cela est bien beau mais parfois un peu trop facile. Autant j'ai apprécié la critique sur l'indépendance du journalisme, autant je reste un peu plus perplexe face à la réflexion sur une « classe » gouvernante et journalistique accouchant de personnes aux mêmes intérêts et aux mêmes schémas de pensée. C'est un raccourci un peu facile qui ne m'a pas séduite et qui m'a poussée à être un peu plus critique que nécessaire avec le reste du documentaire.
De même, j'ai eu un peu de mal avec le côté « Michael Moore » de ce documentaire, qui joue plus sur le « spectaculaire » que sur la démonstration claire et nette. L'un des réalisateur a expliqué à ce sujet que pour parler aux gens avec ce type de film, il faut un certain rythme afin de ne pas les ennuyer. Certes, je comprends ce raisonnement. Mais j'aurais tout de même voulu plus de démonstrations parlantes comme celles qui nous sont offertes ici et qui sont accablantes. Mais peut-être est-ce juste parce que je ne suis pas le public ciblé par le documentaire, étant déjà convaincue de la justesse de la dénonciation.
Cependant, et on ne le dira jamais assez, cette dépendance marquée et pourtant « cachée » du monde de l'information à celui des grosses entreprises, voire de la politique, est beaucoup trop critiquable pour ne pas être décortiquée et étudiée. Il est important que les personnes qui suivent les informations aussi bien de la presse écrite que de la presse audio-visuelle sachent ce qui se passe derrière tout ça et adoptent un sens critique plus poussé envers ce qu'on leur dit. Et ce documentaire a le mérite de le faire, et de le faire clairement.
Au final, Les nouveaux chiens de garde est un documentaire pamphlétaire qui use de temps en temps de la voie de la facilité pour faire passer son message mais qui n'en reste pas moins nécessaire, surtout face à l'aveuglement parfois volontaire en ce qui concerne le problème de l'indépendance de la presse.
Réalisation : * * *
Importance du message : * * * *
Je suppose que ce documentaire se base sur le texte "Les nouveaux chien de garde" de Serge Halimi?
La réfléxion sur le fait que journaliste et hommes politiques viennent du même monde et poursuivent les mêmes intérêts, par le biais, entre autre, de "club" qui favorisent la rencontre entre ces personnalités est la base du travail de Geuens au sein du département.
Oui, plusieurs citations en sont faites d'ailleurs. Je voudrais bien le trouver...
Geuens devrait adorer alors. Quoiqu'il le trouvera peut-être un peu putassier ^_^. Dire que je n'ai pas encore lu son livre sur le sujet, alors qu'il m'intéressait à la base.
Je me souviens qu'au lycée on devait faire une sorte de mini mémoire en groupe sur un sujet libre et que j'avais fait un essai sur les relations entre presse et politique. On y découvrait des choses intéressantes allant justement dans cette idée que la presse cire les pompes des politiques mais il restait aussi beaucoup de journaux qui eux avaient une très forte influence sur la politique et les éléctions, comme Le Monde ou de façon plus surprenante les guignols de l'info.
Le synopsis du documentaire me fait aussi tiqué parce qu'il sous entend qu'un journal appartenant à un groupe financier va forcément perdre son indépendance ou sa légitimité. Je viens de lire Millénium et j'aime particulièrement un chapitre dans lequel le journal du héro est racheté par un industriel et qu'un journaliste en interview lui demande si il n'a pas peur de perdre son indépendance, ce à quoi il répond à l'autre que son journal aussi appartient à un grand groupe et lui demande si il doit remettre en question l'indépendance de cette presse. Dans le même ordre d'idées il y a quelques années un grand quotidien de gauche à été racheté par un groupe proche du pouvoir et les gens ont protesté contre le changement d'orientation que cela pourrait engendré, ce ne fut pas le cas, le quotidien est resté de gauche et pour cause: ce qui intéresse les groupes financiers de ce type c'est de gagner de l'argent, ainsi changer la ligne éditoriale d'un journal ou faire pression sur lui risque de faire fuir les abonnées ce qui serait contre productif. Cette question des liens entre presse et entreprises pour moi ça a toujours été un faux débat, et dans le côté "chien de garde" des journalistes d'aujourd'hui j'y vois surtout une incompétence de certains journalistes qui ont une vision biaisée de leur propre profession, aucun esprit critique et aucun talent rédactionel d'où un manque de recul, de réaction ou d'intérêt dans ce qu'ils écrivent.
Je ne sais pas, ici ça montre bien la manière dont ça peut porter à conséquence. Dans Millenium, il s'agit d'une petite structure menée par une tête forte à l'esprit indépendant. Mais de combien de journalistes peut-on dire ça actuellement? Il est montré dans le documentaire comment ceux qui se prétendent être de "fortes têtes" sont tout autant concillantes que les autres. Mais, surtout, on voit des exemples d'influences et de pression de la part des propriétaires sur les journalistes. L'un d'eux va même jusqu'à dire que c'est normal (!) que le patron ait son mot à dire sur les sujets. Par exemple, lorsqu'il y a eu un arrêt de construction dans une centrale nucléaire pour je ne sais plus quelle raison, les jounaux en ont parlé. TF1 non. Ni le jour même, ni les jours suivants. Or, TF1 est détenu par Bouygues, qui possédait aussi cette centrale. La relation est on ne peut plus claire. Et ce n'est pas le seul exemple du genre... Ce n'est pas forcément une question d'incompétence, mais peut-être plus d'allégence. Ou, tout simplement, de peur de perdre son emploi. Et comme les gens ne semblent pas protester contre ça, pourquoi se priver de continuer à le faire?
Oui c'est une petite structure, mais le bouquin dénonce surtout la connivence des journalistes économiques suédois vis à vis des patrons des grandes entreprises du pays (seul point ignoré par le film de Fincher et c'est dommage) et le héro chez qui on sent la très forte influence d'un auteur ayant évolué dans le milieu ne comprend pas le comportement absurde de ces journalistes qui ne font pas leur boulot.
Pour en revenir à TF1 je pense que le problème avec ces grosses chaines généralistes c'est qu'elles n'ont pas de ligne éditoriales ou plutôt elles en ont une très simple: ne pas faire de vague et rester grand public et puis tf1 a une situation particulière, ce n'est pas qu'un organe de presse c'est surtout un groupe médiatique qui distribue des films, de la musique, des livres etc, un groupe qui a des intérêts dans beaucoup de domaines et le problème c'est à mon avis de les considérer comme une chaine d'information alors qu'être journaliste à tf1 c'est comme se vanter d'être cuistot chez mcdo.
Et pourtant journaliste à TF1 c'est un poste préstigieux...On en revient à ce que je disais: les journalistes ont une vision biaisée de leur métier. J'ai entendu un journaliste de l'express défendre adopi, le sopa, critiquer anonymous et applaudir la liberté d'action du fbi sur internet dans le cadre de l'affaire megaupload. Il en arrivait à dire que les gens qui téléchargeaient été tous des voleurs ou des complices de vol. Pour moi il y a là un malaise, je pense que quand les journalistes se retournent contre le public et ne sont plus leurs porte parole, il y a un gros problème concernant la presse.
Mais le problème est loin de se poser uniquement à TF1, il revient presqu'uniformément dans la profession, que ce soit à la télé, à la radio ou sur papier...
Je suis de même tout à fait convaincue sans aller le voir. Message important, et comme tu dis bien il faut à tout prix garder son sens critique, et donc son propre "filtre" personnel, parce que avaler tel quel ce qu'on nous prémâche c'est accepter une lobotomisation, certes plus nuancé et moins agressive que chez nos amis nord corréens and co, mais là quand même.
(on a hésité a aller le voir mais moman a dit qu'elle n'allait pas au ciné pour voir un docu. Question intéressante : les docu, mal vu au ciné, et donc attirant forcément des gens ciblés ? on est loin de l'effet escompté qui est de toucher les masses populaires donc !)
Parfois, des documentaires au cinéma, c'est bien, parce qu'on ne regarde pas les choses de la même manière qu'à la télé. On est dans un milieu privé de distractions, concentré sur ce qu'on dit, et on reçoit beaucoup mieux les informations, on les assimile mieux. Il y a rarement des documentaires m'intéressant au cinéma, mais quand il y en a, j'aime bien aller les voir parce que je sais que je les regarderai plus sérieusement. Donc n'hésitez pas. Puis il faut soutenir ce genre de démarches.
ah une petite reac' sur ce que tu dis nico : les journalistes portes paroles du peuple ? là ça me fait tiquer.
Puisqu'ils se prétendent objectifs (ça veut pas dire qu'ils le soient bien sûr, de toute façon je crois que c'est impossible), ils ne devraient pas représenter qui que ce soit. Ils sont censés collecter et présenter l'info point.
Dans les faits ils sont subjectifs, et vont pencher plus ou moins d'un côté de la balance suivant leurs propres intérêts, motivations, époque etc. Et chaque journal peut faire le yoyo. Après peut y avoir des mouvements de masses, y'a qu'à voir comment dans les premiers temps ils encensaient complètement Sarko, puis se sont un peu réveillés et sont devenus plus critiques. Et là j'ai l'impression qu'avec les élections ils tapent sur tout le monde, et moins le président 'sortant' (consigne d'en haut ?).Y'a bien que la journaliste de l'effet papillon sur la 4 que je trouve passionnante, même si c'est raide, elle pointe tout leurs points faibles sans concession (et à même réussis à mettre à mal Marine, c'est dire).
Les journalistes porte parole ? Ceux qui dénoncent, type Canard and co, d'accord. M'enfin je crois pas que ça soit leur rôle. Leur rôle c'est de nous informer le plus intelligemment possible. Diffuser nos opinions ? j'en doutes. C'est plutôt le rôle des assos et des syndicats, des militants qui s'engagent clairement dans une démarche subjective quoi.
Bref, toute façon les journalistes, comme les grands patrons et les politiques sont tous dans le même moule à la base, ENA and co. Ils ont pas intérêt à se tirer dans les pattes. Ils ont tous le même but, le pouvoir. C'est ça le lobbing... Comme je disais juste avant, c'est quand même une sorte de propagande d'état dans laquelle on est, d'ailleurs la France à perdu bien des places aux yeux de Reporter sans frontière sur la liberté de la presse.
Mais c'est pas grave, parce que bientôt même les "masses populaires moutons" seront sur le net, et même si les lobbistes veulent à tout prix censurer internet ils n'y arriverons pas face à la pression populaire. Avec des moyens de comm aussi rapide et large, l'info peut circuler librement et tout le monde peut devenir journaliste (y'a qu'à voir les blogs ^^). C'est bien plus incôntrolable que quelques dizaines de journaux plus ou moins accordés par l'Etat.
(tant que j'y suis vous avez pétitionné contre Acta and co ? cf Avaaz)
Les journalistes français ont encensé Sarko O_O. Je crois que je ne vais pas m'en remettre...
On n'a pas la 4 en Belgique. Enfin, je pense que c'est disponible maintenant avec les décoddeurs numériques, mais je n'en ai pas (je ne regarde plus vraiment la télé, alors ça ne me servirait à rien).
D'ailleurs, petite remarque par rapport aux journalistes qui ne vont pas tirer dans les pattes des personnes venant du même milieu qu'eux. J'ai entendu tantôt une partie d'émission sur Eva Jolie (Joly?) sur France Culture. Je dois bien avouer que je connais très peu la dame, je n'en ai entendu parler que quelque fois dans le cadre des élections. Ils parlaient de son passé de juge, de son amour pour la justice, mais des trucs qui me semblaient positifs étaient toujours présentés comme négatifs. Son amour pour la justice était souvent mis en avant. Je me suis dit "ah, mais c'est très bien ça, quelqu'un qui considère que personne n'est au-dessus des autres ou de la loi". Mais apparemment, c'était un point négatif (O_O). Il a été aussi question d'une "faute" qu'elle aurait commise: elle s'est mise à juger les criminels en cols blancs, parfois des personnes très haut placées dans les entreprises, comme les autres criminels. Là encore, je me dis que c'était un sacré argument en sa faveur. Ah ben non en fait, on nous explique que, par là, elle n'a pas respecté les "règles" et que c'est normal qu'elle irrite, qu'elle aurait dû faire autrement (re-O_O). Plein de petits trucs comme ça, où tout ce qu'on disait sur ses actions me semblait en fait positif, mais on passait son temps à nous dire que, non, c'était mal en fait, qu'elle se mettait des personnes à dos à cause de ça, qu'elle était détestée à cause de ça, etc.
Donc, Eva Joly (Jolie?) n'a pas respecté les codes que les journalistes et autres du milieu connaissent et se fait lyncher pour ça, et tout le monde trouvait ça normal... Whoua, je n'en revenais pas d'entendre ça...
(oui, signée, ainsi que les précédentes sur les autres assimilés ^_^)
Lael, je ne crois pas que les journalistes doivent être objectifs, ils sont censé ne pas s'impliquer dans les événements qu'ils couvrent mais cela n'a jamais voulu dire qu'ils devaient être complètement neutre face à l'information qu'ils couvrent.
Le truc c'est qu'un journal reste une structure économique au même titre que n'importe quelle entreprise qui vend un service, dans ce sens le lecteur c'est le client et chaque journal à un coeur de cible. Je me souviens d'ailleurs avoir passé un concour pour une école de journalisme il y a quelques années et l'une des questions qu'on m'a posé fut "a qui s'adresse un journal? Par exemple le figaro." et si il est normal qu'un journal essaye de conquérir une cible de plus en plus large en évitant d'être trop radical, il conserve un coeur de cible, du genre cadre masculin de droite pour le figaro, ou votant à gauche pour l'huma, ou jeune entre 18 et 35ans pour 20minutes etc. ça semblera peut être scandaleux à certains, personnellement je n'ai pas trop de problème avec ça car un journal trop neutre et dénué de sensibilité politique ou autre n'est jamais très intéressant et leurs articles finissent par ressembler à des communiqués de presse rapportés à la ligne prêt.
Porte parole est effectivement un mot mal choisi comme tu me le fait remarquer, mais disons plutôt qu'un journal en tant qu'entreprise vendant un service est censée répondre aux attentes de ses clients, soit les lecteurs. Ainsi quand un journal se met à défendre l'Etat et sa politique au détriment d'un public qu'il accuse ouvertement (dans le cas que j'ai cité, accuser les gens d'être des voleurs et des complices de vol) alors il y a un problème de positionnement et aussi de recul vis à vis des sujets. D'ailleurs quand un journal encense l'action de l'état n'est-on pas finalement dans une forme de propagande?
Enfin je n'ai jamais vraiment cru au "pouvoir du net" pour la simple et bonne raison que si on peut y diffuser facilement son opinion, les opinions sont justements trop individualisé. Hors en l'abscence de concensus ou d'organe pour synthétiser et rapporter un courant de pensée celle-ci n'a pas d'impact. Tout le monde peut faire un blog et si ce n'est pas plus contrôlé c'est parce que ça n'a généralement aucune incidence, à moins d'être vraiment très suivis. Même chose pour l'émergence des "coms" sur les sites webs venu peu à peu suplanter les forums. Tout le monde peut s'exprimer plus facilement mais il suffit d'aller sur un site comme Allocine pour se rendre compte que il n'y a plus de conversation ou débat d'idée qui peuvent se créer. Chacun donne son opinion et basta, et c'est la même chose sur des sites de journaux comme Le monde ou Le Figaro. Le net en l'état, ne sera jamais un moyen de pression populaire parce qu'il insite à s'exprimer mais pas (plus?) à se rassembler et ce qui fait pression, c'est le nombre.
PS: pour sarko je n'ai pas eu cette impression pendant la campagne, j'ai d'avantage l'impression qu'il était majoritairement critiqué par les grandes chaines de télé et les journaux principaux comme le monde. A moins que tu te réfères à la campagne actuelle?
Je laisse Lael répondre, mais je voudrais quand même souligner un truc: si, les journalistes DOIVENT être objectifs. Autrement, ce n'est plus du journalisme, c'est de l'éditorialisme. C'est la toute première chose qu'on apprend en cour de journalisme. Bien sûr, eux comme nous ne sont pas dupes, l'objectivité est impossible. Mais l'idéal est de tendre vers elle. C'est le principe de base de la profession.
alors je vais d'abord répondre à cachou : en effet l'exemple d'eva Joly est très parlant. C'est une bonne femme qui n'hésite pas à mettre les pieds dans le plats, par exemple elle a dénoncé ouvertement que lors de l'accord PS-Vert (y'a quoi, un mois ou deux), Areva (le nucléaire français) est venu mettre son grain de sel, et aurait changé certains termes !!! Le poids du lobbing dénoncé, tout le monde s'est jetté sur elle au lieu de la remercier... le discours ambiant étant qu'eva Joly représente sa personne plus que les Verts, puisqu'elle ose dire tout haut ce que ses camarades vont cacher... Bref ça se tire dans les pattes, et au lieu de la féliciter pour son honneteté, elle est accusée de ne pas suivre son parti, un retournement de situation vraiment très dégeulasse. Ce qui me fout les boules c'est que tout ça n'aide pas du tout l'écologie à gagner alors qu'elle défend de plutôt très bonnes idées :( M'enfin le jeu politique c'est manipulations de l'info et confrontations de personnalités, on est bien loin d'une étude concrète des idées de chaque partis pour un vote d'idées.
Ensuite sur Sarko pour moi il n'y a aucun doute que la majorité des médias de masse l'ont soutenus fortement lors des premières élections, et depuis en participant au lavage de cerveau sur l' insécurité, la crise-qui-fait-peur, internet and co. Certains médias se sont quand même réveillés, et l'ont critiqués ensuite, mais le mal était fait. Je ne me rappelle plus exactement, mais y'avais un reportage sur la 4, ou bien aux guignols, qui retraçait bien le phénomène.
Je me suis un peu intéressée au cas de la dame depuis, et tout ce que j'ai trouvé, c'est une personne qui dénonce les trucs malhonnêtes, les malversations, etc. et qui se fait rabaisser continuellement pour ça. Je dois dire qu'au départ, je m'étais fait avoir par les "intoxications" journalistiques à son sujet. Maintenant, je me dis qu'il y a une candidate sérieuse et honnête, et qui est en train de se faire descendre à cause de ça. Je ne sais pas quelles sont ses propositions ni si elles sont en accord avec mes convictions politiques, ce n'est pas pour ça que je dis ça, mais la manière évidente dont on manipule les gens à son sujet me sidère. Pourquoi les Français ne voient pas ce qui est fait à son sujet?!? O_O
Pour Sarko et les journalistes, qui sème le vent...
alors ensuite pour le journalisme :
bon ben je suis d'accord avec la réponse de cachou. Et sur ce que tu dis :
mais justement, je préfère un communiqué de presse basique, remis dans un contexte avec une info la plus neutre possible, parce que ça nous laisse libre de mettre notre propre vision là dessus, plutot que d'avoir celle "imposée" du journaliste dans laquelle il faut démeler le fait. Bon je comprend qu'au niveau commercial un ciblage est intéressant, mais dans ce cas autant afficher dans le titre "pour les partisans plutot à gauche" par ex, parce que moi quand j'ai découvert la presse écrite, je ne savais pas que tel journal étais plutot d'un côté ou d'un autre, d'ailleurs je ne le sais toujours pas, et c'est le genre de truc "à savoir mais pas à dire" qui m'exaspère.
Alors parlons objectivité avec un exemple simple tiré d'une de mes dernières lectures. Il se passe quelque chose, je vous dirais quoi après. Voilà ce que va annoncer une presse "de droite" : "Un policier sauve une filette d'un chien dangeureux !". Et une presse "gauchiste" : "Bavure policière : un policier tue le chien d'une filette !" Alors en vrai que c'est il passé ? Hey bien les flics poursuivaient le chien errant (admettons qu'ils estimaient qu'il soit dangeureux -alors qu'il l'était pas m'enfin ça c'est le roman, en vrai il leur faudrait quand même une bonne raison). Je m'égare : donc ils poursuivent le chien, la filette tombe sur le chien, elle est attendrie par ce grand chien triste et veut le caresser, et là hop un flic l'abbat, en prétendant donc que le chien risquait de mordre la petite. 1 le chien n'avait aucun comportement agressif et de 2 la filette n'était pas son propriétaire. Les deux titres "mentent". En ayant juste les deux titres, c'est presque impossible de comprendre la situation parce que les deux déforment la réalité à leur avantage. Par simple intérêt d'accroche aussi : résumer en une phrase une situation c'est difficile, surtout si elle doit inciter à lire la suite.
Ainsi l'autre jour, autre exemple mais bien réel cette fois ci, le titre annonçait "un quidam sauve Hollande à un meeting !" En réalité il s'agissait d'un simple appel à la police annonçant un risque pour la sécurité du dit candidat ! Pourtant quand on lit le titre on voit un jeune homme en pleine action se précipiter sur Hollande pour le sauver d'une balle non^^ ? Bon mon imaginaire a ptet un chouya exagéré, m'enfin on imagine du suspens, de l'action, un film quoi. Alors qu'il s'agit d'un simple coup de fil XD
Quand au "pouvoir du net" je t'invite à regarder des sites comme Avaaz par exemple, ou c'est justement la force du nombre qui permet de faire bouger les choses. Je pense aussi au printemps arabe, entre autre à FB et twitter ayant facilités l'organisation de rassemblements.
Ensuite je t'invite à voir de plus près blog et forums, il peut y avoir de vrais débats (comme ici^^), alors oui ça reste un nombre de personnes limités, mais combiens de lecteurs anonymes ? Un article de rue 89 par exemple va engendrer réactions et débats, au points qu'ils sont obligés de fermer les commentaires deux jours après, ayant à chaque fois des avalanches d'une centaines de com !
Enfin internet permet de donner simplement son avis, et ça c'est une force à ne pas négliger, parce qu'en exprimant son avis, même sans bcp de réactions derrières, et bien on se forge son opinion et son esprit critique, on réfléchis à voix haute sur les infos qu'on ingurgite continuellement. Et cela redonne le pouvoir au peuple, l'information et le fait de donner publiquement son opinion n'étant plus le privilège d'une minorité.
Et puis franchement, les débats "in reel life" avec deux trois amis sont ils forcément plus prolifiques ? Je ne crois pas, loin de là. Le fait d'écrire oblige à prendre son temps, et force l'autre à une meilleure attention (impossible de couper la parole !). Même si bien sûr y'aura toujours des kevin pour s'énerver, pour comprendre de travers, pour lire en biais, parce qu'on reste humain, et que nos défauts et qualités ressortent, dans un débat virtuel ou non.
(rah en ce moment je réfléchis bcp en commentant, j'aime bcp ce que je dis -mdr-, et jme dis qu'il faut que j'en garde trace c'est pénible XD J'sais pas vous mais le nombres de fois ou j'ai voulu redonner IRL une critique d'un livre que j'ai écrit et là hop, me souviens plus de rien, dès que c'est écrit ça part !)
(exemple supplémentaire: les nouveaux buzz via Twitter, notamment concernant le licenciement d'une caissière qui avait pris un bon pour elle)
j'viens de voir un interview d'eva joly, en fait ce qui en ressort de l'échange difficile c'est à mes yeux :
-des journalistes bien décidés à ne pas changer de lunette, notamment sur le fait que pour eux elle ne sait pas communiquer (évidement elle ne séduit pas et met les pieds dans le plat !),
- et surtout j'en conclu malheureusement que les gens sont vraiment trop lobotomisés et enfermés dans leurs peurs. Mme Joly propose peut être quelque chose de bien trop visionnaire (sans parler que les gens n'enregistrent vraiment pas que les écolo ont une vision globale, ils ne s'occupent pas que des plantes). En tout cas, ses propositions font peurs pour des gens déjà trop terrorisés par le changement. Combien de gens vont voter Sarko ou Marine par peur ? Ou alors Hollande parce que à la limite ils veulent bien mettre un orteil dans l'eau, mais pas trop vite surtout ?
Heureusement que grâce à internet, au bio et tout, je vois l'envie de changer d'une partie du monde, parce que sinon autant aller chercher la corde tout de suite :(
En tout cas j'en viens à me poser la question : comment rassurer quelqu'un qui a peur en lui proposant une vision totalement nouvelle, sans repères, et sans qu'il voit ça comme une utopie absurde ? Evidemment une cage au contour bien délimité, surveillé de partout, sous contrôle, ça lui parait bien plus rassurant. C'est vraiment un réflexe animal.
Je suppose que quand j'aurai un début de solution je pourrais faire avancer de débat, mais pour l'instant je ne vois pas comment faire face à ces effrayés lobotomisés.
Enfermés dans leurs peurs. Et dans leur schéma de pensée. On n'aime pas être contredit dans nos convictions, même par nous-mêmes, alors on s'y raccroche, souvent à tort... Quand je pense qu'un sondage publié aujourd'hui révèle que les Belges auraient majoritairement votés pour Sarkozy s'ils étaient Français... J'ai honte. Et en même temps, je ne peux même pas dire être étonnée. Ni par ce que tu dis, malheureusement...
Je suis assez d'accord avec toi, je viens de publier ce matin un billet à propos de ce documentaire salutaire je trouve... Bonne journée !
Je vais aller lire ça...
Bonjour Cachou, j'espère que la France entière aura la possibilité de voir ce documentaire édifiant. Bonne après-midi.
Mais les chances s'amenuisent, il est sorti depuis quelques semaines maintenant, non?