Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 14:40

 

Le livre de poche

Genre : historique, policier, et d'autres choses

Pourquoi ce livre ? Pour enfin découvrir ce -maintenant- classique italien, ce grâce à une lecture commune provenant de la PàL à écouler d'Efelle.

 

 

le nom de la roseRESUME :

Rien ne va plus dans la chrétienté. Rebelles à toute autorité, des bandes d'hérétiques sillonnent les royaumes et servent à leur insu le jeu impitoyable des pouvoirs. En arrivant dans le havre de sérénité et de neutralité qu'est l'abbaye située entre Provence et Ligurie, en l'an de grâce et de disgrâce 1327, l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire, se voit prié par l'abbé de découvrir qui a poussé un des moines à se fracasser les os au pied des vénérables murailles. Crimes, stupre, vice, hérésie, tout va alors advenir en l'espace de sept jours.

Le Nom de la rose, c'est d'abord un grand roman policier pour amateurs de criminels hors pair qui ne se découvrent qu'à l'ultime rebondissement d'une enquête allant un train d'enfer entre humour et cruauté, malice et séductions érotiques. C'est aussi une épopée de nos crimes quotidiens qu'un triste savoir nourrit.

 

 

MON AVIS :

Le Nom de la rose est précédé par son incroyable réputation, il peut donc être impressionnant de s'attaquer à ce livre. Je ne sais pas ce qu'il en est pour les autres, mais j'avais entendu dire qu'il était, au choix, incroyable, difficile, incompréhensible. Du coup, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, si ce n'est à une sorte embrouillamini d'idées qui allaient me perdre. Et pas du tout en fait.

 

Le Nom de la Rose se présente d'emblée comme un roman policier historique. L'histoire nous est contée par Adso(n) de Melk, secrétaire de Guillaume de Baskerville (ancien inquisiteur et sorte d'ersatz holmsien dans sa manière de construire un raisonnement), qui va nous servir d'interprète à ce monde que nous découvrons à travers ses yeux et ses mots, quelques peu naïfs parfois (car ce sont ceux d'une personne âgée se remémorant - de manière parfois un peu trop idéalisée - ses impressions de jeune homme). Au début, j'ai eu un peu « peur » d'assister à un acte à la « élémentaire mon cher Adso » (est-ce que je suis la seule à avoir noté une incroyable similarité entre les prononciations d'Adson (premier nom donné à Adso - un diminutif?) et de Watson?)(je doute que ce soit une coïncidence, vu que les références holmsiennes semblent être assez présentes dans ce roman, à commencer par le nom de famille de Guillaume). Cependant, l'enquête policière se révèle bien vite être un simple prétexte narratif, le vrai fond de l'histoire se trouvant dans les questionnements philosophiques et religieux des personnages menant à une sorte de réflexion sur l'époque à laquelle ils évoluent. Aidé dans cela par quelques pointes d'humour, Umberto Eco nous emmène dans une sorte d'enquête philosophique sur notre perception des choses, de la réalité et de la vérité.

 

« - Mais alors, osai-je commenter, vous êtes encore loin de la solution...

- J'en suis très près, dit Guillaume, mais je ne sais pas de laquelle.

- Donc, vous n'avez pas qu'une seule réponse à vos questions ?

- Adso, si tel était le cas, j'enseignerais la théologie à Paris.

- A Paris, ils l'ont toujours, la vraie réponse ?

- Jamais, dit Guillaume, mais ils sont très sûrs de leurs erreurs.

- Et vous, dis-je avec une infantile impertinence, vous ne commettez jamais d'erreurs ?

- Souvent, répondit-il. Mais au lieu d'en concevoir une seule, j'en imagine beaucoup, ainsi je ne deviens l'esclave d'aucune. » (p. 330)

 

Ce livre est beaucoup plus simple à lire que sa réputation ne le laisse croire. Il est certes parsemé de citations latines, mais on apprend vite à passer au-dessus sans trop s'en préoccuper (autrement on s'arrache les cheveux à l'idée de tout ce qu'on manque). La difficulté peut peut-être provenir des réflexions philosophiques, non parce qu'elles sont ardues à comprendre, mais plus parce qu'elles peuvent ne pas vraiment interpeler. Je dois dire que j'ai vogué entre intérêt obsessif et ennui marqué dans ce livre, certains dialogues ayant emporté mon imagination, d'autres m'ayant paru long, trop long. C'est donc un peu plus mitigée que la «moyenne » que je suis sortie de ce roman, incroyablement plaisant de par son érudition et par l'écriture délicieuse et amoureuse des mots d'Eco, parfois peut-être moins accrocheur dans ses côtés théologiques qui peuvent ne pas parler aux lecteurs. J'ai passé un bon moment en sa compagnie, mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable.

 

A noter, par contre, que c'est le roman idéal pour tout qui veut avoir matière à analyse, il peut se lire à plusieurs niveaux et comportent une symbolique forte et complexe. Umberto Eco évoquera d'ailleurs quelques points d'analyse indirectement dans son Apostille au Nom de la rose, que j'ai d'ailleurs préférée au roman-même (bizarrement, je sais). J'en reparle tout de suite.

 

Au final, Le Nom de la rose est un livre qui mérite sa réputation d'érudition mais non celle de roman difficilement accessible. Il est à la fois clair, compréhensible et savamment construit, laissant deviner de belles perles à qui a envie de les chercher, permettant au lecteur voulant juste une histoire à se mettre sous la dent d'y trouver son compte également (rares sont les livres qui nous laissent une telle liberté). Cependant, je dois avouer ne pas avoir été prise par toutes les réflexions amenées par l'auteur, et m'être autant ennuyée à certains moments que je ne me suis régalée à d'autres. A découvrir cependant, assurément.

 

Lecture commune avec Choupynette, Efelle et Isil.

 

* * * (*)

 

Autre livre de l'auteur sur ce blog :

N'espérez pas vous débarrasser des livres


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Publié dans : Les autres livres - Communauté : Chronique de nos lectures
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Charles NODIER

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