Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 20:00

 

Belfond / 10/18, coll. Domaine étranger

Genre : conte initiatique

Pourquoi ce livre ? Parce que j'adore Haruki Murakami et qu'il était temps pour moi de lire son œuvre la plus connue.

 


Kafka sur le rivageRESUME :
Kafka Tamura, quinze ans, s'enfuit de sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. De l'autre côté de l'archipel, Nakata, un vieil homme amnésique décide lui aussi de prendre la route. Leurs deux destinées s'entremêlent pour devenir le miroir l'une de l'autre tandis que, sur leur chemin, la réalité bruisse d'un murmure enchanteur. Les forêts se peuplent de soldats échappés de la dernière guerre, les poissons tombent du ciel et les prostituées se mettent à lire Hegel. Conte initiatique du XXIe siècle, Kafka sur le rivage nous plonge dans une odyssée moderne et onirique au cœur du Japon contemporain.

 

 

MON AVIS :
Quand je commence le livre d'un auteur aimé, j'ai toujours un petit pincement au cœur, une appréhension : est-ce que je vais encore une fois tomber sous son charme ? Est-ce que ce livre sera à la hauteur de mes espérances ? Et si pas, est-ce que cela changera la perception que j'ai de l'écrivain ? Avec Haruki Murakami, cette appréhension est toujours présente. Je ne sais pas pourquoi je crains particulièrement dans son cas de ne pas aimer ses livres. Peut-être parce que ma première rencontre avec lui (Les amants du Spoutnik) a été la plus intense, et ma préférée à ce jour. Je me demande si un autre des romans de Murakami pourra jamais me toucher autant, et chaque nouvelle lecture du monsieur réveille l'espoir d'y retrouver la magie incroyable de ces premiers instants.

 

Kafka sur le rivage ne sera pas ce livre-là. Je l'ai bien aimé, mais pas tout du long. Son histoire commence pourtant intensément et se révèle plein de promesse. Les deux cents premières pages sont passées d'une traite et m'ont fait entrevoir un récit qui n'a pour finir pas été celui de ce roman-ci. Nous y étions plongés dans deux destinées parallèles, liées on ne sait comment, et tournant autour de mystères flirtant avec le fantastique. D'un côté un jeune homme se cachant d'une malédiction œdipienne et passant ses journées dans une bibliothèque. De l'autre, un vieil homme qui a perdu sa capacité de lire et d'écrire lors d'un étrange évanouissement pendant la seconde guerre mondiale et qui, maintenant, parle aux chats.

 

Les deux récits se succèdent, rythmés par une fuite d'un côté, une quête de l'autre. Il va sans dire que la partie sur le jeune fugueur et son avidité de lecture m'a enchantée et m'a même fait rêver. C'est que cette bibliothèque privée qui nous est ici dépeinte et dans laquelle Kafka passe ses journées a emporté mon imagination. Je me suis vu y travailler, avec plaisir, avec délectation même. Toute l'histoire aurait pu se dérouler en ces lieux. A la limite, j'ai même peut-être été déçue que ce n'ait pas été le cas.

 

De plus, on retrouve ici deux constantes chez l'auteur : l'amour de la musique et celui d'une bonne condition physique. Bizarrement, cette seconde constante me séduit chez Murakami, et me donne envie d'appliquer l'éternel mens sana et tout ça. J'aime en tout cas retomber sur ces éléments encore et toujours sous la plume de l'écrivain, ils me donnent l'impression d'être en terrain connu.

 

Cependant, les deux récits commencent rapidement à tirer en longueur, et le parcours devient long avant la résolution hallucinée et hallucinante finale, qui m'a de nouveau conquise après quelques centaines de pages un peu moins prenantes (c'est que ce roman est une petite brique).  Du coup, j'ai aimé l'histoire, mais elle ne m'a pas tout le temps emportée, même si je l'ai lue avec plaisir.

 

Au final, Kafka sur le rivage est un roman poétique, symbolique, initiatique. Il est parfois envoutant, parfois longuet, mais toujours original. C'est dommage que l'auteur n'ait pas été un peu plus concis sur certains détails pour laisser un peu plus libre cours à son imagination envoutante dans les passages plus fantastiques. Je suis un peu restée sur ma faim du coup.

 

Lecture commune avec Alicia et Shaya.


* * * (*)

 

Autres livres de l'auteur sur ce blog:

Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil 

Autoportrait de l'auteur en coureur de fond 

Les Amants du Spoutnik

 

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Publié dans : Les livres japonais - Communauté : Interlignes
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Charles NODIER

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