Mardi 26 juillet 2011 2 26 /07 /Juil /2011 17:30

 

Albin Michel

Genre : horreur (et autre)

Pourquoi ce livre ? Parce que le pitch m'a intriguée et que malgré les autres critiques négatives lues (dont celle de Val, qui se révèle après coup très juste), j'ai bêtement voulu croire ce que Claude Ecken en disait dans le Bifrost (note à moi-même: arrêter de croire ce que disent les critiques de cette revue, je finis par râler parce que je ne suis pas d'accord plus de la moitié du temps).

 

Dome-1-et-2--Stephen-King.jpg

 

RESUME :

Le dôme : personne n'y entre, personne n'en sort.

 

MON AVIS :

Deux tomes, 1100 pages (environ). Et en terminant la dernière, je n'avais qu'une seule chose en tête : « Stephen King prend ses lecteurs pour des imbéciles ou quoi ? ». J'espère que l'option « ou quoi » est la bonne, mais en tout cas, l'impression que Dôme m'a donné, c'est que King ne prenait même plus la peine d'élaborer des récits crédibles. 

 

Par crédible, je ne veux pas dire « qui ne comportent pas d'éléments impossibles » mais bien « qui donnent l'impression que les personnages et les situations sont réels, ou nous donnent tout simplement envie de croire en eux ». L'illusion du réel est indispensable à toute lecture de ce genre, non ? Or, je n'ai pas réussi à croire à cette histoire que King nous racontait, et qui pourtant partait sur des bases très intéressantes. Pourquoi donc ?


« « Alice, dit Carolyn Sturges, c'est méchant. Et qu'est-ce qu'on dit des gens méchants ? »

Le visage d'Alice s'éclaira. « Les gens méchants nous gonflent ! » » (p. 116, tome 2)

 

Tout d'abord, le plus gros défaut de ce roman, ce sont ses personnages. Tous sans exceptions sont des caricatures sur pattes, de l'ex-militaire raisonné et pacifique mais hanté par un douloureux secret à la journaliste acharnée qui veut faire éclater la vérité en passant par le pire, les père et fils Rennie, deux terreurs sans noms qui accumulent tous les clichés possibles et imaginables sur les méchants : stupides, racistes, pro-Bush et anti-Obama, un peu trop croyants, assoiffés de pouvoir, violents, manipulateurs (quoique, ils ne sont pas assez intelligents pour faire ça correctement), etc. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai soupiré de désespoir devant les descriptions des personnages ou de leurs actes. Il faudrait peut-être rappeler à Monsieur King qu'un méchant intéressant est un méchant qui comporte une part d'humanité, une part qui trouble le lecteur et lui fait penser qu'il a un homme et non un personnage de papier face à lui. Mais ce genre de considération me semble être trop complexe pour un livre comme Dôme (oui, je suis mauvaise)(mais je suis fâchée, j'ai donc le « droit » d'exagérer)(et encore, sincèrement, je n'ai même pas l'impression d'exagérer). Dôme qui ne se contente pas de voir les gens devenir fous peu à peu à cause de leur situation, non, ce serait beaucoup trop « subtile ». Il faut que les méchants soient déjà de beaux salopards au départ, comme Rennie, conseiller municipal qui prendra les rennes de la ville et qui est un dealer et un fraudeur en plus d'être violent et dangereux. Ou comme son fils, Junior, une brute épaisse qui a provoqué une bagarre déloyale (à quatre contre un) il y a peu et qui est en train de commettre un meurtre inutile pendant que le dôme apparaît. Des méchants très très méchants donc. A tel point qu'on pourrait croire à une volonté parodique, mais le reste de l'histoire dément cette hypothèse qui aurait été pourtant séduisante pour sauver l'image que l'on a de l'auteur.

 

« [alors que Rennie dicte une lettre pour expliquer à un subordonné ce qu'il doit dire à la personne qui doit être remerciée] Si elle vous demande pourquoi, répondez-lui qu'il y a une réorganisation du service et qu'on n'a plus besoin d'elle.

- Service avec deux ss ou un c, Mr Rennie ?

- Je me fiche de l'orthographe. C'est le message qui compte. » (p. 177, tome 2)

 

Les personnages ne sont pas la seule chose à m'avoir exaspérée dans ce roman. La manière dont King fait évoluer les situations prête à rire tellement tout semble et prévisible et exagéré. J'en aurais parfois pleuré de désespoir, comme en lisant l'extrait d'une stupidité affligeante que je vous ai mis ci-dessus (whoua, le méchant et son « secrétaire » se contrefichent de l'orthographe. Ce sont vraiment des méchants bêtes et stupides dis donc. On ne l'avait pas encore assez compris avant...). J'ai eu l'impression à plusieurs moments d'être dans une mauvaise série américaine de l'après-midi, style Les feux de l'amour gone wild, tellement certains rebondissements étaient dignes des pires téléfilms possibles et imaginables (pour ceux qui l'ont lu, je prends pour exemple TOUT ce qui arrive à Junior, en particulier dans la partie « finale »).

 

Mais le pire d'entre eux a été l'explication finale. Parce que si j'ai tenu pendant tout le roman, qui se laisse lire malgré l'irritation qu'il provoque (quoique, j'ai parcouru les trois cents dernières pages en diagonale le plus souvent, ne m'arrêtant qu'aux moments clés, facilement identifiables), c'est surtout que je voulais savoir quelle pouvait bien être l'origine de ce dôme (quand le chemin n'est pas important, on s'intéresse au but, non?). Et là, je dois dire que j'en ai eu pour mon argent, càd les 50 centimes que j'ai payés pour emprunter ces deux livres (qu'est-ce que je suis heureuse de ne pas avoir déboursé les 49€40 des deux bouquins)(oui, parce qu'en Belgique, ils coutent plus cher qu'en France donc). Comme je l'ai dit plus haut, c'est une des pires fins que j'aurais pu imaginer à ce livre. A la limite, si le dôme avait disparu aussi mystérieusement qu'il était apparu, ça m'aurait encore convaincue et peut-être n'aurais-je pas été aussi amère. Mais King nous emmène ici dans un délire dépassant la frontière du ridicule qui n'aurait pas été renié par Bernard Werber (je ne dis pas ça méchamment, promis, la fin m'a vraiment donné l'impression d'être dans un roman de cet auteur). 

 

Quelle déception donc que ce roman qui en fait trop : l'histoire est trop longue, les rebondissements sont trop exagérés, les personnages trop peu crédibles et la fin trop stupide. Trop. Trop. Trop. Et si vraiment vous avez quand même envie de le lire, juste pour savoir ce qui m'a fait râler ou parce que vous aimez Stephen King, s'il vous plaît, empruntez les livres, ne les achetez pas. D'autant plus que pour ce prix, on pourrait s'attendre à ce qu'ils soient de meilleure qualité (je ne suis que la troisième à les emprunter, et la reliure du deuxième tome était déjà détachée et cassée...!). Autrement, tournez-vous plutôt vers I.G.H. de Ballard, qui développe aussi une histoire en huis-clos de personnes qui vont sombrer doucement dans la folie à cause de leur confinement, mais de manière tellement plus subtile.

 

Au final, Dôme est une des plus grosses déceptions que j'ai eues ces dernières années. Je n'avais plus lu de romans de Stephen King depuis un petit bout de temps, et je n'ai pour l'instant pas envie de m'y remettre tellement cet auteur m'a déçue.

 

 

* (*)


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Publié dans : Les livres SF, fantasy et fantastiques - Communauté : Chronique de nos lectures
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