Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 21:20

 

Le Bélial

Genre : science-fiction, aventure, gore

Pourquoi ce livre ? Parce que Thomas Day m'avait déjà beaucoup amusée avec L'Instinct de l'Equarisseur et qu'il était temps de lire autre chose du monsieur. Et parce que ce livre a croisé mon chemin de manière inattendue (toujours la meilleure des manières).

 

 

DaemoneRESUME :

David Rosenberg est le « Golem de New Edo », le Dæmone Eraser, le démon revenu d’entre les morts qui efface ses victimes. Il est le Gladiateur le plus célèbre de l’Aire Humaine, une star sans équivalent dans l’histoire du Jeu, un combattant déjà mort n’ayant plus rien à perdre depuis qu’il sait sa femme plongée dans un coma dont elle ne reviendra pas. à moins qu’il ne tue à cinq reprises… « Pas d’innocent, pas d’enfant. Et tu retrouveras ta femme. Vivante. » Tel est le marché, le contrat faustien que lui propose l’Alèphe, un Guerrier du temps, l’une des plus mystérieuses créatures des Sept Berceaux, un géant insectoïde aux motivations impénétrables…

Concentré de space opera, récit à mi-chemin entre La Horde Sauvage et La Geste des Princes-Démons, Dæmone est sans conteste le plus débridé des romans de Thomas Day.

 

 

MON AVIS :

Il est de ces livres que l'on aime non pour leur profondeur ou leurs théories complexes mais pour l'amusement qu'ils peuvent nous procurer, à l'image des bonnes séries B au cinéma. Avec ses passages hallucinants et hallucinés, ses tueries bien gores et ses hormones sexuelles dégoulinantes (même si beaucoup plus discrètes que je ne l'avais imaginé), Dæmone remplit bien son contrat et se classe sans problèmes dans cette catégorie.

 

Pourtant, ce n'était pas gagné d'avance. C'est que le prologue m'a paru exaltant avec son « ruban de Ah », construction spatiale en forme de doubles tores aux dimensions vertigineuses (dont je ne suis pas sûre de comprendre l'utilité ou le fonctionnement mais qui m'a offert des images époustouflantes - je ne sais pas pourquoi, j'ai d'abord vu ça en ruban de Möbius, et c'était encore plus vertigineux comme vision), mais un peu trop obscur avec ses dialogues étranges concernant une race d'êtres difficile à appréhender. Heureusement, une fois ce prologue déroutant dépassé, l'histoire débute vraiment et devient aussi claire que prenante.

 

A travers une écriture brute, tranchante, vivifiante, Thomas Day a réussi à créer un récit original tout en étant très référencé, nous offrant comme base de son histoire une quête « amoureuse » impliquant de tuer cinq personnes pour permettre au héros orphéen de retrouver son aimée tombée (métaphoriquement) dans les limbes. En plus du célèbre mythe ouvertement cité, il s'amuse par exemple à évoquer directement Rollerball (que je n'ai toujours pas vu, j'avais complètement oublié avoir acheté ce film l'été dernier ; je viens de remettre la main dessus, il faudrait que je me décide à le regarder) à travers les jeux de l'arène évoqués ici, ou indirectement eXistenZ (me semble-t-il) avec ces armes de « chair » extirpées d'une presque-humaine qui n'auraient pas détoné dans le film de Cronenberg (ce passage est d'ailleurs aussi savoureux qu’écœurant, certainement un de ceux que j'ai préférés dans le livre).

 

A noter aussi une inversion des rôles plutôt plaisante qui amène Dæmone Eraser, notre héros sanguinaire, à être le grand sentimental du récit, toujours fidèle (d'esprit, pas de corps - il faut bien que la chair exulte) à sa chère et tendre qui ne survit qu'à l'état végétal pourtant, là où son actuelle partenaire sexuelle est une (sur)femme assoiffée de sexe et de sang (mais bon, avec une pointe de sentiments montrant le bout de leur nez dans tout ça quand même, hein, faut pas rigoler non plus).

 

Au final, Dæmone nous offre une histoire plutôt attendue (si ce n'est peut-être pour une partie du déroulement final qui surprend un peu, et tant mieux) mais présentant un mélange bien équilibré de viscères dégoulinantes, de parties de jambes en l'air (plutôt sages) et de questionnements (basiques) sur la justice et l'intérêt personnel. A ranger à côté de 10 000 litres d'horreur pure, d’Évadés de l'Enfer ou encore de L'instinct de l’équarrisseur. Pas un grand livre mais un bon livre.

 

 

* * * (**)

 

Autre livre de l'auteur sur ce blog :

L'instinct de l’équarrisseur

 

LE MOMENT C.L.A.P. :

CLAP AmélieCe livre a connu les honneurs de la salle de retenues (dur de ne pas faire la grimace ou de ne pas pouffer de rire, je ne m'aventurerai plus à la chose dorénavant et réserverai les séries B et autres bouquins gores à des lieux moins peuplés) ainsi que de la salle d'attente de mon ophtalmo (qui m'a d'ailleurs annoncé que ma myopie ne devrait plus s’aggraver maintenant, elle est stable depuis 5 ans déjà)(youpi)(et complètement HS, je m'en rends compte) à pouffer face à une famille qui se demandait qui pouvait bien être cette étrange adulte rigolant devant un roman avec un monstre sur la couverture... D'ailleurs, merci à Monsieur Manchu de ne pas avoir décidé d'illustrer les moments où l'on extirpait les armes du corps de Kimoko (ça aurait été amusant mais drôlement plus gênant en couverture).


CITRIQ

Publié dans : Les livres SF, fantasy et fantastiques - Communauté : Interlignes
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"Après le plaisir de posséder des livres, il n'y en a guère de plus doux que d'en parler."

Charles NODIER

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