L'Atalante
Genre : post-apo sfesque mais très fantasy aussi
Pourquoi ce livre ? Parce qu'il attend depuis presque un an d'être lu maintenant et que Lhisbei a dit qu'elle voulait le lire dans l'année. L'un dans l'autre, le voilà sur ma route.
RESUME :
Est-ce le ciel ou la forêt? Un fourmillement frémit à la limite de son champ de conscience, sensation
familière associée au danger. Il se redresse à demi et s’empare de son fusil. Ses oreilles bourdonnent. L’œil à la lunette, il fait défiler différents modes de vision. Au-delà de l’espace
délimité par l’ouverture de l’abri s’étend la forêt. Et au milieu, bien droit sous la pluie, un robot solitaire. Il n’a pas d’arme et se contente de regarder Syn dans les yeux.
C’est l’histoire de Syn, un trappeur accompagné de son loup au pelage greffé de bandes synthétiques, dans un monde de ruines technologiques. La menace est partout, une guerre se déclare mais Syn ne veut plus tuer ses semblables…
Seule la science-fiction peut nous donner ce vertige d’être des archéologues du futur. Dans une langue raffinée, Vincent Gessler réussit son pari de nous envoûter par son récit âpre et exaltant de l’éternelle recherche des origines.
MON AVIS :
Bien que je n'avais pas réellement compris son contenu, même après le billet de Val qui m'avait donné envie de le lire, j'étais très tentée par Cygnis pour une raison toute
bête mais qui fonctionne toujours avec moi : sa superbe couverture (avouez quand même...). C'est donc sans vraiment savoir à quoi m'attendre que je me suis plongée dans ce récit très
« nature », qu'on pourrait croire de fantasy, si ce n'était pour un détail SFesque ou deux : Cygnis se déroule dans le futur et comporte quelques robots et autres gadgets
technologiques (rares cependant).
En effet, nous nous retrouvons ici dans un monde qui a été technologiquement avancé mais qui ne l'est plus, suite à on ne sait quelle apocalypse. Il est maintenant plongé dans une ambiance étrange, entre guerres interminables et communautés qui rappellent divers récits d'heroic fantasy. Le style de l'auteur, très agréable, nous fait avancer facilement et rapidement dans cette histoire mettant en avant un trappeur et son loup, ainsi qu'une de leur connaissance. Mais même si la forme m'a séduite, je dois dire avoir été moins convaincue par le contenu...
Cygnis joue sur les « classiques » : héros solitaire, histoires d'amours éternelles (et la grande romantique que je suis pourtant les a trouvées too much : le héros voit une femme et paf, c'est l'amour de sa vie, etc. Oui, mais bon...) et révélation finale. Les classiques ont du bon, et ça ne m'a pas trop dérangée (si ce n'est pour les histoires d'amour donc, même si je remercie l'auteur pour le personnage d’Érine, qui nous change enfin des échalas habituels, mais qui est par contre trop vite mis au placard, au profit d'un de ces échalas justement... Dommage). Mais c'est autre chose qui m'a dérangée en fait.
Cygnis est plus un livre d'ambiance que d'histoire à mon avis, sans que cette remarque ne soit péjorative. Mais j'ai pourtant eu du mal à me laisser bercer par celle-ci. C'est que j'ai retrouvé dans ce livre un élément qui me fatigue de plus en plus. Encore une fois, alors que nous sommes dans un univers inventé de toutes pièces par un auteur aussi bien de SF que de fantasy (j'aurais bien du mal à ne placer ce livre que dans un seul de ces genres tellement il appartient aux deux pour moi), on se retrouve face à une civilisation reprenant le bon vieux schéma des femmes en « bas de l'échelle ». Oh, il y a des personnages féminins forts et intéressants (deux pour tout dire). Mais reste que la société qui nous est présentée est plongée, encore une fois, dans une sorte de machisme ambiant qui fait que les femmes sont facilement violées, violentées ou emmenées pour servir des poules pondeuses. Alors, oui, il y a dénonciation de la chose. Ce n'est pas du tout mon point. C'est juste qu'en tant que lectrice de livres aux univers « fantasmés », je suis lasse de me retrouver continuellement devant ce schéma qui semble être obligatoire (en tout cas dans les romans du genre que je rencontre, je ne suis pas une spécialiste de la chose). Pourtant, certains auteurs comme Maïa Mazaurette arrivent à en sortir pour enfin nous offrir quelque chose de différent. Mais ça reste l'exception, et j'en ai assez de la norme qui va avec. Je ne veux plus des pères violents et incestueux ou encore des maltraitances et viols à répétition, ou plus simplement des prostituées en veux-tu en voilà et des femmes accueillantes, maternelles et nourricières. J'ai envie d'autre chose. Pourquoi pas d'un monde où les rapports de force seraient inversés ? Ou, rêvons, rêvons, d'un autre où ils seraient simplement inexistants (un monde égalitaire quoi)(impossible ?)(ça ne tient qu'à l'auteur que je sache...) ?
Du coup, ça m'a maintenue en dehors de l'histoire. Ce livre est peut-être bon, je ne dirai pas le contraire, mais je ne suis simplement plus intéressée par ce genre d'univers. J'ai envie de quelque chose d'autre, de nouveau, avec des rapports de forces différents, et dans lequel on m'épargnerait les sempiternelles scènes de viol qui sont toujours aussi douloureuses à lire et me semblent le plus souvent inutiles, voire « faciles » (comme raccourci pour expliquer des blessures personnelles par exemple...). Dès lors, ne vous fiez peut-être pas à mon avis, allez plutôt lire ceux de Lhisbei et de Nelfe qui n'auront certainement pas le même ressenti ni la même lassitude que moi et qui pourront donc vous parler de ce livre un peu mieux que moi.
Au final, Cygnis est une histoire agréable et facile à lire. Mais qui n'est pas faite pour moi. Je suis quand même intéressée par Mimosa, le second livre de l'auteur qui sort ce mois-ci, parce qu'il y a quelque chose dans l'écriture de Vincent Gessler qui m'a quand même plu.
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