Réalisateur : Jane Campion
Pays : Australie/UK/USA
Durée : 119 minutes
Genre : biographie, drame
Acteurs : Abbie Cornish, Ben Whishaw, Paul Schneider
RESUME :
Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison amoureuse secrète. Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez froids. John trouve que Fanny est une jeune fille élégante mais trop effrontée, et elle-même n'est pas du tout impressionnée par la littérature. C'est la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider, et il accepte de lui enseigner la poésie.
Lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l'attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l'intensité de leurs sentiments, les deux amoureux sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus. "J'ai l'impression de me dissoudre", écrira Keats. Ensemble, ils partagent chaque jour davantage une obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause...
MON AVIS :
Quand Jane Campion décide de nous livrer une histoire romantique, il vaut mieux se méfier, parce qu’elle possède l’art d’allier cruauté subtile et amour éperdu (il suffit de voir Holy Smoke ou La Leçon de Piano – In The Cut aussi à ce que j’en ai entendu, mais je ne l’ai pas encore vu).
J’ai donc été surprise ici car bien que certains passages ne soient pas sans un masochisme marqué de la part de Keats, le tout est pourtant nimbé d’une innocence et d’une sincérité amoureuse qui font presque figure d’exception chez la réalisatrice. Ici prime la pureté des sentiments sur les difficultés de la vie. Ils ne remportent peut-être pas la partie, mais ils démontrent leur force et leur importance.
Et pourtant… Le début n’était pas très prometteur. En effet, comment s’attacher à cette Fanny qui ne jure que par ses vêtements (qui font mal aux yeux tellement ils sont atroces soit dit en passant) et semble avoir la tête bien vide ? Je n’arrivais pas à en vouloir à Brown (personnage très ambigu) de la chambrer, parce que j’en faisais autant dans ma tête. Et, surtout, j’avais (et j’ai encore) du mal à comprendre pourquoi Keats avait bien pu tomber amoureux de cette jeune fille frivole et à la conversation plutôt fade.
Puis, au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire, les petits gestes, le premier baiser terriblement parfait (voir ci-dessous), l’alchimie grandissante entre les acteurs, leur jeu d’une pureté incroyable et l’amour terriblement terre-à-terre et si idéal à la fois qu’ils nous font vivre ont fini par me séduire et me faire rentrer dans l’histoire.
J’ai cependant eu du mal à quelques moments. L’histoire est bizarrement découpée, les éléments ne s’enchaînent pas forcément logiquement et on se demande parfois où veut en venir Jane Campion (notamment avec Brown que l’on perçoit très possessif envers Keats à un moment pour le découvrir coureur de jupon qui ne soutient plus son jeune favori ensuite). Tout cela m’a empêchée de me laisser complètement emporter par l’histoire. Mais je me suis rendue compte quelques jours après que, malgré ces détails qui m'avaient semblés imparfaits à la vision du film, celui-ci m'est resté longtemps et m'a beaucoup travaillée. Du coup, la première impression un peu mitigée fait place à un avis à plus long terme beaucoup plus positif.
Ce que j’en retiendrai surtout, c’est un sens de l’esthétisme toujours aussi poussé chez Jane Campion (la scène de la lecture de la lettre de Keats dans un champ de fleurs bleues est d’une beauté à couper le souffle) et deux acteurs touchés par la grâce qui font réellement naître à nos yeux une histoire d’amour impossible et pourtant inévitable. Je m’en vais maintenant essayer de dégoter un recueil des poèmes de Keats (ça, c’était à prévoir)…
Au final, un film à l’esthétique léchée et aux acteurs d’une pureté incroyable,qui souffre de problèmes de construction scénaristique mais qui reste longtemps.
QUELQUES PASSAGES POUR VOUS TENTER :
Le superbe premier baiser (l’un des plus beaux que j’aie vus au cinéma) :
Une caresse à travers le mur:
La première lettre et le champ de fleurs bleues:
Une chambre pleine de papillons :
* * * *
Derniers Commentaires