Réalisateur: Darren Aronofsky
Pays: USA
Durée: 103 minutes
Genre: drame, thriller
Acteurs: Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis
RESUME:
Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes que dirige l’ambigu Thomas. Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily...
MON AVIS:
Je dois dire avoir eu du mal à écrire un billet sur ce film. Pas parce que je n'ai rien à dire dessus (au contraire), mais parce que je ne savais pas par quoi commencer, quel angle aborder pour en parler ici... Je n'ai pas beaucoup lu à son sujet, parce que je voulais me préserver de toute influence externe avant de le voir. Je n'ai toutefois pas pu faire sans lorgner vers les nombreuses notes positives octroyées par les blogueurs et autres sites internet. Ces notes associées à mon appréciation du réalisateur (j'adore The Fountain, j'ai beaucoup aimé Pi quand je l'ai vu - sans oser le revoir depuis un sacré bout de temps - et j'ai été marquée par Requiem for a dream)(non, je n'ai pas encore vu The Wrestler) ont fait un peu trop monter mes attentes. Mais le film a largement été à leur hauteur, ce qui est plutôt rare.
Je ne sais pas pourquoi, je m'attendais à quelque chose de lisse, de perfectionniste, de classique mais de sombre, un peu plus à la The Fountain question ethétique de la réalisation. La mise en scène effrénée et la dureté des propos rappellent en fait plutôt Requiem for a dream, s'il fallait absolument rapprocher ce film d'un autre du réalisateur. J'ai été plutôt surprise de me retrouver face à une caméra nerveuse, saccadée, qui rappelle par la trop grande fluidité des mouvements - de ce fait difficiles à suivre - les caméras digitales que je ne supporte pas, sans en avoir pourtant la texture (et heureusement). Mais cette nervosité rend ce film incroyablement intense.
Parlons justement de cette intensité, et de la dureté du film. Aronofsky traite ici de l'obsession d'une perfectionniste qui, ne sachant pas comment endosser un personnage qui ne se travaille pas mais se vit, commence tout doucement à se perdre dans celui-ci. Ce film-ci ne traite pas forcément d'un dédoublement de personnalité comme le laisse croire la bande-annonce mais plutôt d'une perte de celle-ci. En effet, Natalie Portman (qui n'a pas volé son Oscar) incarne ici une fille maniaque, qui ne vit que pour et par la danse, certainement à cause de son éducation (étouffante). Face à un relatif échec à incarner le personnage plus souple, plus intuitif qu'est le cygne noir du Lac des Cygnes, elle ira chercher au plus loin d'elle-même, comme elle l'a toujours fait, le moyen de travailler cette chose impossible à perfectionner car elle demande plutôt d'être improvisée.
Natalie Portman, justement, est bluffante. J'ai l'impression qu'elle a changé un peu sa technique de jeu pour abandonner sa personnalité et se glisser dans celle de cette fille qui ne sait pas vivre en dehors de sa passion et qui a les nerfs à fleur de peau à cause de la difficulté de son travail. Elle semble tout le temps au bord des larmes, en train d'hésiter, de se briser. Certains pourront penser qu'elle en fait trop. De mon côté, je ne trouve pas. Cette exagération colle superbement au personnage qu'elle incarne, je ne pourrais d'ailleurs réussir à l'imaginer autrement. Encore une fois en tout cas la demoiselle m'a bluffée et impressionnée.
Sans oublier le traitement du film. Aronofsky a opté pour le pari audacieux d'adopter les codes du film d'épouvante. Ce parti-pris fait encore plus monter la tension et permet au réalisateur de jouer de manière étonnamment satisfaisante avec nos nerfs. Pourquoi étonnamment? Parce que, dernièrement, j'ai eu l'impression qu'on avait peut-être un peu fait le tour du film « à tension » car les dernières productions du genre m'ont laissée très souvent de marbre. Puis voilà que débarque Black Swan qui me prouve que, si, il est encore possible de mener les spectateurs par le bout du nez et de les faire sursauter grâce à l'instauration d'une superbe montée de tension.
Pourtant, je n'ai pas trouvé ce film parfait. Par certains côtés, le réalisateur (et/ou le scénariste) en montre trop. Il aurait pu encore plus jouer avec nos perceptions, avec nos attentes, nous duper. Il avait de quoi entre les mains. Mais ce qu'il a fait est déjà très bon en soi alors je vais arrêter de râler.
Au final, Black Swan mérite la réputation qu'on lui fait. J'ai trouvé ce film superbe et prenant. J'en suis sortie éprouvée et éblouie.
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