Réalisateur : James Cameron
Pays : USA
Durée : 161 minutes
Genre : science-fiction
Acteurs : Sam Worthington, Zoey Saldana, Sigourney Weaver
RESUME :
Malgré sa paralysie, Jake Sully, un ancien marine immobilisé dans un
fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent
un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l'atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des
"pilotes" humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en
croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, les autochtones de Pandora.
Sous sa forme d'avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d'infiltration auprès des Na'vi, devenus un obstacle trop conséquent à l'exploitation du précieux minerai. Mais
tout va changer lorsque Neytiri, une Na'vi, sauve la vie de Jake...
MON AVIS :
Il m’est difficile de parler de ce film, d’autant plus que Vance et Niko06 ont déjà dit plus ou moins tout ce que je ressentais. C’est que, comme eux, j’ai réellement et profondément aimé Avatar.
Je dois dire qu’au départ, j’ai été un peu gênée d’être autant rentrée dans un film qui est considéré comme une simple esbroufe visuelle sans réelle teneur scénaristique par les critiques « officiels » et les cinéphiles avertis (j’imaginais le hochement de tête réprobateur de mes anciens professeurs de cinéma).
Puis une personne avisée m’a rappelé que la différence entre les « professionnels » et nous, blogueurs amateurs, c’est que nous parlions de nos ressentis et non de qualités objectives et « quantifiables » d’une œuvre (pourquoi le passage pendant lequel un certain Mr Keating fait déchirer à ses élèves la page du livre de poésie expliquant comment « mesurer » la valeur d’un poème me vient en tête ?). Et cette simple constatation m’a réconcilié avec mon ressenti et je vous le dis donc ouvertement et sans honte : j’ai aimé Avatar, purement et simplement. Oui. Malgré son aspect commercial évident, malgré sa chanson de générique final qui lorgne trop du côté célinedionesque de la musique, malgré un certain manichéisme présent dans l’histoire, malgré la technique 3D qui n’est pas encore entièrement au point à mon goût (ça rend très bien pour les paysages, mais les humains filmés en « live » se retrouvent nimbés d’une impression d’animation). Malgré tout ça.
Je me rends compte qu’Avatar possède tous ces défauts et peut-être plus encore. Mais il a su me les faire oublier pour m’émerveiller. Je suis rentrée dans ce film pour ne plus réussir à en ressortir après le générique. Je suis encore un peu sur Pandora, entourée de la végétation la plus exquise qu’il m’ait été donné de voir, alors qu’elle n’existe même pas. Je suis encore auprès de ces personnages qui, même s’ils sont très « caractérisés », m’ont touchée. Je m’y suis attachée. Je suis encore sur cette planète au ciel rempli d’une sœur bleue de Jupiter et de quelques lunes vagabondes. Je suis encore dans ce monde magique qui a emporté mon cœur de petite fille qui rêvait en imaginant les autres planètes perdues dans l’espace.
Je sais que je vais certainement commettre un crime de lèse-majesté en disant ça
mais Avatar a sur moi un impact aussi important que Star Wars ou Le Seigneur des Anneaux (même s’il ne pourra pas égaler la trilogie jacksonnienne dans mon cœur ^_^).
Bon, je changerai peut-être d'avis dans quelques jours, après avoir laissé décanter le film, mais pour l'instant, c'est ce que je ressens.
Histoire de ne pas répéter ce que vous avez peut-être lu dans d’autres blogs, je voudrais essayer de rendre un peu justice à James Cameron et à son scénario qualifié si souvent de « basique ». Certes, l’histoire qu’il raconte n’est pas neuve et comporte peu de surprises. Mais Cameron a su s’approprier des problématiques contemporaines importantes pour les assimiler dans un univers nouveau et nous livrer une vision politisée de notre époque. N’est-ce pas ce que s’évertue à faire la SF, tout simplement ?
Pour n’en citer qu’une, Cameron avance ici une belle critique de la privatisation des forces armées qui ne sont plus à la solde d’un pays mais bien d’une industrie, avec pour but l’argent et non plus la défense d’un peuple. Déjà que le fonctionnement de l’armée en soi est critiquable, que devons-nous dès lors penser de cette pratique qui se généralise de plus en plus et qui consiste à payer des mercenaires pour effectuer le sale boulot que l’armée ne veut plus ou ne peut plus remplir ? Qui pourra mettre un frein aux actions d’hommes dont la seule contrainte est de répondre aux besoins d’un organisme dirigé par l’aspect pécuniaire ? Parce qu’il faut bien dire ce qu'il en est, les milices armées « privatisées » sont de plus en plus courantes et de moins en moins contrôlables, constituant une sorte de mafia de la défense (et de l’attaque) dangereuse. Cameron met bien en avant cet aspect des choses et, via une exagération des traits de caractères de ses personnages (et encore), démontre les travers d’une telle pratique (soldat appauvri qui n’a d’autre choix que de s’allier à ce type de groupuscules, aucune morale n’intervenant dans les actions de ces hommes qui ne sont gouvernés que par la recherche de profit, etc.).
Justement, parlons-en de cette exagération des traits de caractères positifs ou négatifs des personnages… Je dois dire que ce qui m’a le plus frappée pendant ce film, c’est que je n’ai pas pu m’empêcher d’être indignée devant les actions des humains sur Pandora. En effet, ceux-ci sont « méchants », avides d’argent, bêtes et peu réfléchis. D’où cette impression de manichéisme. Mais là où j’aurais pu céder facilement au lynchage, une évidence m’a frappée : ce n’est pas un avertissement bon enfant, c’est une simple constatation de tout ce que nous avons déjà pu commettre comme atrocités. Parce que ce qui apparaît à nos yeux comme une exagération de la personnalité des méchants (très méchants) n’est qu’une retranscription pure et simple de ce qui est arrivé et continue d’arriver constamment sur Terre. Combien de désastres écologiques n’ont pas été réalisés au nom des conquêtes et de l’argent ? Combien de fois n’avons-nous pas justifié des actes condamnables juste pour satisfaire nos intérêts ? Encore maintenant, combien d’entreprises n’agissent-elles pas comme un Colonel Mile Quaritch pour pouvoir faire plus de bénéfices et ainsi satisfaire leurs actionnaires ? Dès lors, peut-on réellement qualifier les personnages de Cameron de manichéens ? Bon, c’est un peu facile de ma part de dire ça, mais avouez qu’il y a quand même matière à réflexion sur la question de savoir pourquoi nous considérons d'office comme exagérés des personnages qui, somme toute, reflètent plutôt une certaine réalité...
Sans oublier que l’on vit à une époque où l’on a bien besoin de fables écologiques pour nous rappeler que notre mode de vie actuel n’est pas celui « naturel » et qu’il pourrait bien
tout simplement causer notre perte…
En bref, une fable épique qui nous emporte loin, très loin, dans un monde incroyable dont on ne reviendra pas forcément… A voir ABSOLUMENT en 3D.
* * * *
(*)
PS: Je vous conseille très fortement d'aller lire la très bonne analyse de Jérémy Zucchi, qui permet de voir à quel point ce film de plus en plus souvent qualifié de basique est en fait riche de sens et de références.
Vous trouverez aussi une critique approfondie qui vaut
le détour chez Geek Culture.
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