Réalisateur : Tim Burton
Pays : USA
Durée : 109 minutes
Genre : fantastique
Acteurs : Mia Wasikowska , Johnny Depp, Michael Sheen
RESUME :
Alice, désormais âgée de 19 ans, retourne dans le monde fantastique qu'elle a découvert quand elle était enfant. Elle y retrouve ses amis le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille, le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou. Alice s'embarque alors dans une aventure extraordinaire où elle accomplira son destin : mettre fin au règne de terreur de la Reine Rouge.
MON AVIS :
Tim Burton, le réalisateur à l’univers gothiquement déjanté et Alice au pays des Merveilles, roman à l’absurdité revendiquée, quelle association prometteuse n’est-ce pas ? C’est comme si ces deux-là étaient faits l’un pour l’autre… sur papier tout du moins. Parce que là où l’on aurait pu s’attendre à de sublimes délires burtonesques dignes d’une danse hantée autour d’un table ou d’une pluie de glace qui donne naissance à la neige, on se retrouve avec une histoire très « propre sur elle ».
Ici, Burton s’efface devant Disney. On sent la présence de l’homme à l’imaginaire débridé dans certains plans et décors (trop rares, comme celui de la prison par exemple), mais ce n’est qu’une apparition brève perdue dans le conventionnalisme du reste du film. Idem pour la musique d’Elfman, (qui n'a fait que le thème principal si j'ai bien compris) qui n’est que l’ombre d’elle-même, quand elle ne s’efface pas derrière une chanson finale aux allures pop pour ados influencée par Hannah Montana (vérification faite il s'agit d'une chanson d'Avril Lavigne, je n'étais pas loin)(la chanson en elle-même n'est pas si déplaisante, mais elle tombe à plat dans le film, elle ne colle pas à l'ambiance de celui-ci). Plus étonnant encore, parfois on retrouve l’influence d’autres dans les images de Burton, comme cette manière de filmer la Reine Blanche qui tient diablement de celle de montrer les elfes sous la caméra de Jackson, quand on n’a pas l’impression d’être directement à Rivendell ou dans un autre lieu elfique (cf. la scène où Alice doute et discute avec une chenille bleue face à un paysage qui semble familier).
La question qui vient à l’esprit est « pourquoi avoir fait un film pour Disney si c’était pour perdre son âme, ou en tout cas sa personal touch » ? Surtout que le monsieur a déjà vécu ce genre de déni de personnalité pour La Planète des Singes. Le mystère est total pour moi, mais je dois dire que j’en veux aussi un peu au réalisateur, parce que même si Disney peut avoir bon dos dans l’histoire, c’est quand même Burton qui a accepté le projet et qui était (plus ou moins) aux manettes…
En fait, le plus gros défaut de ce film qui, malgré ce que je viens d’en dire, se laisse regarder sans problème (mais sans émerveillement non plus), c’est que son scénario est d’une sagesse presque incompréhensible quand on en vient à adapter une histoire aussi déjantée que celle d’Alice. Il y a une logique certaine et même naïve dans cette histoire (râh, la scène finale d’explications avant la conclusion est d’un ridicule presque assumé et d’une invraisemblance crasse). Quelques tentatives de folies voient le jour mais sont vite jugulées par les besoins d’une narration claire. Et d’autres (comme la danse finale) sont juste ridicules. Le problème, c’est qu’on retient surtout ces défauts, oubliant les quelques qualités (dont l’aspect visuel léché – mais attention la 3D est tout à fait dispensable, voire pesante) que peut avoir l’Alice de Burton.
Juste un petit mot sur Depp, qui même s’il excelle encore une fois dans son art, en fait peut-être un peu trop. Burton et lui ont par moment tendance à oublier qu’il s’agit ici d’Alice au pays des Merveilles et non du Chapelier au pays des Merveilles…
En bref, un film trop attendu peut-être et qui déçoit, parce qu’il n’est pas du « Burton » pur, juste un Disney oubliable dirigé par un réalisateur qui s’oublie en cours de route…
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