Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 23:35

 

Réalisateur : Tim Burton

Pays : USA

Durée : 112 minutes

Genre : fantastique, comédie

Acteurs : Johnny Deep, Michelle Pfeiffer, Eva Green

 

 

dark-shadows-affiche.jpgRESUME :

En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent Liverpool, en Angleterre, pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas, et commencer une nouvelle vie en Amérique. Mais même un océan ne parvient pas à les éloigner de la terrible malédiction qui s’est abattue sur leur famille. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds, ou du moins la ville de Collinsport, dans le Maine. Riche et puissant, c’est un séducteur invétéré… jusqu’à ce qu’il commette la grave erreur de briser le cœur d’Angelique Bouchard. C’est une sorcière, dans tous les sens du terme, qui lui jette un sort bien plus maléfique que la mort : celui d’être transformé en vampire et enterré vivant. 

Deux siècles plus tard, Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et débarque en 1972 dans un monde totalement transformé…

(www.allocine.fr)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MON AVIS :

Comme je suis d'une originalité folle, j'adore Tim Burton. Et pourtant, ces dernières années, son univers m'a moins parlé, voire m'a déçue avec Charlie et la Chocolaterie d'abord, avec Alice au pays des Merveilles ensuite. Et Dark Shadows vient compléter ce tableau de la déchéance à mes yeux, nous offrant encore une fois un univers burtonien presque édulcoré et caricatural à la fois, étrange paradoxe. Comme si le réalisateur avait voulu montrer l'incroyable justesse de cette vidéo.

 

dark-shadows-12.jpg

 

Johnny Depp (oh surprise !) incarne un homme poursuivi par le malheur parce qu'une sorcière s'est amourachée de lui et qu'il n'a pu lui retourner son amour (par contre, pour jouer à frotti-frotta, pas de problèmes). La méchante sorcière ira jusqu'à pousser la fiancée du riche héritier (échangée à son père contre de l'argent et des moutons) au suicide et jusqu'à se venger en changeant son bien-aimé en vampire pour ensuite le faire enfermer dans un cercueil duquel il ne réussira à sortir que 196 ans plus tard, dans les années 70. Comme la famille compte plus que tout à ses yeux, il retrouve la sienne et œuvre à lui redonner sa splendeur d'antan.

 

dark-shadows-14.jpg

 

A priori, ce sujet me semblait porteur. L'idée du gothique rencontrant le kitsch m'enchantait d'ailleurs. Et la première image du film (superbe nuit avec bateaux tortueux) m'a donné l'espoir de retrouver le Burton que j'aime. Mais après une introduction dont le côté factice est poussé trop loin pour réussir à complètement séduire, je dois dire avoir vite déchanté devant l'humour parfois un peu trop forcé et, surtout, un manque de rythme flagrant qui rend ce Dark Shadows parfois très ennuyeux.

 

dark-shadows-01.jpg

 

Le pire, je pense, c'est que j'ai tout fait pour aimer ce film. J'ai essayé, et essayé, et essayé. Et en fait, je me suis rendue compte que j'ai juste tenté de rentrer dedans sans jamais me laisser emporter par lui, même si j'ai trouvé quelques détails délicieux ou amusants.

 

dark-shadows-05.jpg

 

En fait, la seule chose ayant réussi à me plaire, c'est le personnage de la sorcière et sa « transformation » finale, esthétiquement incroyable. Eva Green en fait un peu trop en cours de route, mais est parfaite à la fin, en porcelaine brisée qui ne fait que lutter pour ce qu'elle croit vouloir. Son personnage est de loin le plus intéressant et le mieux construit du film. Et pourtant, il lui manque tellement de choses pour pouvoir dire que son potentiel a été réellement exploité, je trouve ça dommage, parce qu'elle est typiquement le genre de femme que Burton aurait pu rendre inoubliable (même si odieuse).

 

dark-shadows-10.jpg

 

De manière générale, je n'ai rien de précis à pointer du doigt, si ce n'est que tout est dans l'« à peu près ». Les décors sont beaux mais pas grandioses. Les acteurs cabotinent mais restent toujours en deçà de leur potentiel (comme Johnny Deep qui est, encore une fois, dans le registre de la caricature tellement exagérée qu'on ne peut pas vraiment appeler ce qu'il fait un « jeu d'acteur », mais plus un « jeu de comique »). Michelle Pfeiffer en particulier m'a déçue avec ses lèvres tellement botoxées qu'elles éclipsent tout le reste et nous empêchent de la voir (mais je suis vraiment allergique aux lèvres botoxées à la base, je trouve la chose ridicule et tellement peu naturelle que je n'arrive pas à en comprendre l'attrait). L'histoire semble intéressante mais reste toujours à la limite du délire sans jamais vraiment la franchir, sauf peut-être à la fin, ce qui est incroyablement frustrant. La musique est amusante, mais très cliché (même si le cliché est l'effet recherché). Et l'humour, comme précisé auparavant, même si pas vraiment lourd, est d'un tel convenu et forcé qu'on voit toutes les feintes arriver à deux kilomètres au moins. Le tout donne un film qui pourra divertir mais qui m'a tellement fait suer pour essayer de l'aimer que je n'ai jamais vraiment réussi à l'apprécier.

 

dark-shadows-13.jpg

 

Au final, Dark Shadows n'est rien d'autre que du Burton réchauffé laissant entrevoir ce que le réalisateur a pu faire d'amusant auparavant sans jamais réussir à en atteindre le niveau. Grosse déception en ce qui me concerne...

 

Logo-Soif-de-vampire-02.jpg

* * (*)

Publié dans : En salle - 2012 - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 17:31

 

Actes Sud/Labor/L'Aire, coll. Babel

Genre : drame

Pourquoi ce livre ? Pour mon cours de littérature (plus que deux livres).

 

 

un-male-lemonnier.jpgRESUME :

Cachaprès, le braconnier, court tel une bête sauvage à travers les bois depuis l'enfance jusqu'au jour où il aperçoit Germaine, la belle fermière. Pour la première fois, Cachaprès éprouve de l'amour, un amour fruste, sauvage mais sincère et Germaine se laisse toucher par l'emportement passionné de ce mâle terrible. Elle cède. Puis la lassitude arrive ; elle cherche à rompre ; mais le braconnier veille sur son amour avec une fureur jalouse, jusqu'à mourir. C'est l'éternelle histoire, l'éternel drame de l'amour.

 

 

MON AVIS :

Pour être sincère, je ne m'attendais pas du tout à aimer Un mâle. Je l'avais choisi dans la liste des livres à lire pour le cours de littérature pour une raison aussi ridicule qu'évidente, à cause du nom « Lemonnier », que je pensais être lié à celui de mon boulevard bruxellois préféré (et puis non en fait). C'est pourquoi je me suis retrouvée à lire un roman naturaliste, moi qui ne suis pas du tout friande de ce courant littéraire (et c'est peu dire). Dès lors, qu'elle n'a pas été ma surprise de me voir prise par cette histoire là où je pensais juste la subir.

 

Cachaprès est un homme fort, solide, séduisant, mais simple, innocent, instinctif. C'est un braconnier qui vit dans la forêt, se nourrissant grâce à ses prises et dormant parfois chez ceux acceptant de l'accueillir. Un jour, il aperçoit Germaine et en tombe amoureux. La jeune fermière n'est pas non plus insensible aux charmes de ce Mâle. Ainsi débute leur liaison, aussi sauvage que naturelle. Mais comme toute liaison basée uniquement sur la passion, l'ennui s'installe, surtout du côté de Germaine, qui rêve de pouvoir se marier alors que Cachaprès ne voit pas l'utilité de la chose.

 

J'aurais pu facilement être énervée par l'écriture de Camille Lemonnier. Le monsieur aime à se perdre dans des descriptions alambiquées des beautés de la forêt. Mais une petite musique interne habite ces mots flirtant avec l'exagération et rend la chose bizarrement agréable et non irritante. C'est donc sans m'en apercevoir que je me suis retrouvée emportée dans cette histoire d'amour violente et crue, « naturelle » et réaliste.

 

Là où l'écriture fait dans les fioritures, le récit, lui, les évite, nous livrant de manière brute et compacte ce récit amoureux simple et pourtant complexe, qui nous semble condamné d'avance sans que nous sachions réellement expliquer pourquoi. Cependant l'auteur ne se contente pas de ce sujet pourtant déjà porteur. Il nous livre également une réflexion sur le système des classes, sur ce qui sépare des personnes élevées différemment, même si ces différences ne sont pas si probantes, si importantes. Mais Un mâle, c'est avant tout une histoire qui va dépeindre aussi bien les côtés vains et stupides que la beauté et la pureté d'un liaison tout ce qu'il y a de plus banale et extraordinaire. C'est une vision terre-à-terre d'une chose incompréhensible et irrésistible.

 

Plus que tout, Un mâle est un récit « frontière », sur une époque, un mode de vie, un plaisir de la nature qui s'évapore de plus en plus et qui disparaîtra dans les décennies suivantes. L'auteur exprime à travers ce roman une nostalgie évanescente et pourtant palpable, une envie de se plonger dans la forêt, de retrouver ces instincts que nous avons abandonnés peu à peu, de vivre simplement, purement. Ce désir ressort encore plus que celui habitant les personnages principaux. Et c'est peut-être ce que je retiendrai le plus de ce livre...

 

Au final, Un mâle est un livre simple, puissant et émouvant qui mérite largement son titre de classique (malheureusement trop peu connu).

 

 

* * * *


CITRIQ

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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 00:29

 

Grasset, coll. Les Cahiers Rouges

Genre : (fausse) autobiographie d'un artiste

Pourquoi ce livre ? Parce que, tout à coup, il m'a fait envie (alors que ça fait un an qu'il dort sur ma cheminée).

 

 

barbe-bleueRESUME :

C'est l'« autobiographie bidon » de Rabo Karabekian. Né en Californie en 1916, ce fils de cordonnier d'origine arménienne va s'infiltrer dans le milieu de l'art new-yorkais. La perte d'un œil pendant sa drôle de guerre ne décourage pas ses dessins, ni ses desseins. Revenu en Amérique, il transforme un hangar à pommes de terre de Long Island en atelier. Porté par la vague de l'expressionnisme abstrait, il fréquente les peintres Pollock, Rothko ou Gorky, mais ses toiles se désagrègent trop vite... « Nota bene hilarant » dans l'histoire de l'art, il finit vendeur de tableaux. Et, comme toujours, Kurt Vonnegut est féroce, dénonçant ici les « énormes concentrations de papier-monnaie » ayant « permis à certaines personnes ou institutions d'attacher un sérieux démesuré, et donc inquiétant, à des œuvres qui n'étaient que pur délassement ». Pur délassement aussi que cette œuvre d'un pulvérisateur du roman, repassant des couches de plus en plus vives et drôles sur les tribulations d'un artiste sans art.

 

 

MON AVIS :

« Le problème de la drogue en Amérique ? Voilà la solution que l'épouse de notre président nous a suggérée il y a deux ans de cela : « On dit non et c'est tout. » » (p. 227)

 

Barbe-Bleue n'est pas le récit le plus connu de Kurt Vonnegut d'après ce que j'ai cru comprendre. Peut-être parce que ce n'est pas (vraiment) de la science-fiction. Et je dois avouer d'ailleurs préférer l'auteur quand il nous mène dans des récits invraisemblables. Toutefois, même si ce roman-ci ne m'a pas emballée outre-mesure, il m'a quand même plu pour finir.

 

Kurt Vonnegut nous livre ici l'autobiographie bidon (selon ses propres mots) de Rabo Karabekian, un peintre expressionniste abstrait américain né en 1916 et mort en 1988 (et qui aurait apparemment déjà fait une apparition dans Le Breakfast des Champions, que je dois encore lire). Cet homme, qui est devenu meilleur collectionneur de peinture qu'artiste, nous raconte son histoire, de son enfance à ses mariages en passant par la guerre, encore et toujours cette guerre des enfants qui hante l'univers vonnegutien. Son récit sera entrecoupé de remarques sur son présent, sur sa vie avec Paul Slazinger (Salinger si je ne m'abuse) et Circé Berman (dont le nom de plume est Polly Madison), deux écrivains qui se sont mis à squatter sa maison aux 19 pièces, l'un pour son plus grand plaisir, l'autre à son plus grand désarroi. Et parfois, Karabekian se prend pour Barbe-Bleue avec son atelier renfermant un secret faisant parler tout le monde et qu'il refuse de livrer...

 

Il y a quelque chose dans l'écriture de Vonnegut qui m'hypnotise, même quand ce qu'il a à dire ne m'intéresse pas. Une poésie brutale, un humour pince-sans-rire, une vision des choses qui donne l'impression que le propos le plus banal est teinté d'un cynisme séduisant. Et pourtant, je me suis ennuyée pendant la moitié de ce roman, perdue entre les références artistiques faites à demi-mots et les répétitions de détails qui, si elles instaurent un rythme à l'histoire, sont parfois un peu barbantes. Du coup, c'est avec étonnement que je suis sortie de ce livre plutôt contente, alors que je croyais que j'allais dire ne pas l'avoir aimé encore cinquante pages avant la fin. C'est que d'une certaine manière, les choses se mettent en place et la petite révélation finale apporte une coloration à l'histoire, un petit plus, une anecdote supplémentaire qui supplante les autres et laisse une image incroyable en tête. Vonnegut a gardé le meilleur pour la fin et a réussi ainsi à sauver un roman que je pensais être perdu pour moi.

 

« - Comment on fait pour distinguer un bon tableau d'un mauvais ? répéta-t-il. [...] Il n'y a qu'une chose à faire, ma chère, dit-il : regarder un bon million de tableaux. Après ça, plus moyen de jamais se tromper. » (p. 183)

 

Barbe-Bleue, alors qu'il est parfois très long à lire, possède plusieurs niveaux de lecture qui permettent d'en apprécier quand même la teneur, même s'il est difficile de se concentrer sur l'un d'eux. En effet, Vonnegut nous livre ici une réflexion sur l'art, sur la création et sur le rapport de l'artiste à son œuvre qui ne sont pas sans quelque intérêt. Il y va également de sa critique sur l'Amérique (ténue cette fois) et de ses rapports aux femmes (marqués), sans oublier quelques considérations sur l'héritage, la paternité et la continuation. Cependant, il faut parfois vraiment creuser pour les trouver et l'on n'a pas forcément envie de faire cet effort face à un récit dont le rythme s'essouffle régulièrement. Heureusement, l'auteur le parsème de remarques piquantes qui nous réveillent et nous remettent d'aplomb pour les pages suivantes.

 

Au final, Barbe-Bleue est un livre qui, s'il a peiné à me séduire sur le coup, me laisse pour finir un souvenir plutôt agréable, voire marquant. Et comme dirait Karabekian :

« - Parfait, parfait, ainsi soit-il ! Pour ce que j'en ai à foutre !

Pardonnez-moi cet éclat. » (p. 22)

 

 

* * **


Autres livres de l'auteur sur ce blog:

Abattoir 5

Galápagos

Le Berceau du Chat

Les Sirènes de Titan

Nuit Noire

R comme Rosewater !


CITRIQ

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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 23:01

 

Denoël, coll. Lunes d'Encre

Genre : fantastique, mythologique

Pourquoi ce livre ? Pour continuer et terminer les aventures de Latro.

 

 

Soldat des brumes 02RESUME :

En 479 avant J.-C., un an après la célèbre bataille des Thermopyles, dans une Grèce magique où Athènes s'appelle Pensée et Sparte s'appelle Corde, erre un bien étrange amnésique. Blessé à la tête au cours d'une des sanglantes batailles de cette époque tourmentée, Latro a non seulement perdu le souvenir de son passé, mais aussi toute capacité de mémorisation. Chaque jour, il se réveille hors de tout contexte et n'a d'autre recours que de tenir son journal pour affronter l'éternel présent qu'est devenue son existence. Mais en contrepartie de cette infirmité qui l'oblige à un réapprentissage quotidien, Latro a hérité d'un don : celui de voir les êtres divins et surnaturels dont regorge la Grèce antique. Jusqu'où devra-t-il aller pour retrouver la mémoire, son nom et sa famille ?

 

Avec son héros hors norme, ses dieux assoiffés de sang, ses mystères et ses batailles, le cycle du Soldat des brumes est sans conteste l'une des plus fascinantes créations de la fantasy contemporaine.

Né à New York en 1931, Gene Wolfe, souvent considéré comme le plus littéraire des auteurs de science-fiction américains, est connu dans le monde entier pour son cycle de L'Ombre du bourreau.

 

 

MON AVIS :

Donc, me revoilà face à l'exercice difficile de parler d'une suite sans en dire trop. Quoique, en fait, il reste tellement peu des deux premiers épisodes des histoires du soldat des brumes que ce livre-ci peut se lire indépendamment sans perdre grand chose du récit. Ce qui est d'ailleurs dommage, car de nombreuses questions restent (et resteront?) sans réponses dans l'univers de Latro à la mémoire endommagée.

 

Latro se retrouve cette fois-ci en Égypte. Il va avoir l'occasion de frayer aussi bien avec les prostituées de luxe égyptiennes qu'avec leurs dieux. En effet, il s'embarque avec l'homme qu'il a sauvé de l'esclavage pour un voyage qui le mènera aussi loin géographiquement qu'il n'ira « psychiquement » : aux frontières du monde connu...

 

On retrouve ici la plupart des ingrédients des précédents tomes des aventures du Soldat des Brumes : mystère, fantasy, sentiments nobles, quêtes interminables et souvenirs insaisissables. Cependant, l'auteur a compris qu'il était bon de couper quelque peu dans son histoire et nous offre cette fois un récit qui, s'il n'est pas plus cohérent que les précédents, perd en tout cas moins souvent son lecteur. Celui-ci possède quelques passages superbes, dont celui de la pesée de l'âme d'un des personnages. Cependant, je ne saurais exactement dire pourquoi, j'ai trouvé l'ambiance grecque plus « merveilleuses » à plus d'un titre.

 

De plus, je pense que la sauce a moins pris non à cause des lieux mais bien des compagnons. Là où Latro avait voyagé avec des personnages différents et plutôt riches en Grèce, il se retrouve maintenant face à des personnalités moins fortes, moins élaborées, voire agaçantes. C'est d'ailleurs là que le bât a un peu blessé pour moi. En effet, notre homme - qui ne sait évidemment plus s'il est engagé envers quelqu'un ou pas - accepte, suite à une injonction divine, de prendre une « femme » pour la traversée (comprendre, quels qu'en soient les termes, une prostituée, plutôt de luxe). Et cette femme est incroyablement irritante et frivole. Tout ce qu'elle semble souhaiter dans la vie, c'est qu'on lui achète encore et toujours plus de bijoux. A se demander pourquoi Latro retombe sous son charme tous les jours... Ah, non, pardon, pas de mystère à la chose, au temps pour moi. En attendant, là où j'avais apprécié les compagnes féminines du héros les précédentes fois, j'ai eu envie de les étrangler dans ce tome-ci. Mais que s'est-il donc passé dans l'esprit de l'auteur pour passer d'héroïnes plus ou moins indépendantes et/ou intelligentes (ou en tout cas intéressantes) à ces ersatz de stéréotypes sur pattes insipides et insupportables ?

 

Mais bon, malgré ça, j'ai continué à m'attacher à Latro, trop honnête pour être vrai. Cependant, le bon petit goût de ses précédentes aventures semble s'être évaporé sous le soleil égyptien. C'est dommage...

 

Pour terminer sur une note positive quand même, un petit mot sur les superbes couvertures de Phillipe Gady dont j'ai oublié de parler la dernière fois.

 

Au final, Soldat de Sidon est une suite qui n'est pas du tout déplaisante (à quelques détails près) mais qui me semble un peu inutile. A lire surtout pour retrouver un héros apprécié.

 

 

* * *

 

Autre livre de l'auteur sur ce blog :

Soldat des brumes - L'intégrale 1/2


CITRIQ

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"Après le plaisir de posséder des livres, il n'y en a guère de plus doux que d'en parler."

Charles NODIER

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Lecture(s) en cours

 

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  Avec le soutien du C.L.A.P.

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